."36
NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
un ennemi supérieur. Il était midi, et le 12 ecorps n’était pas même arrivé vers OEhna.L’armée alliée, instruite par le combat dela veille, avait fait un mouvement naturelpour se serrera gauche; Bulow, placé avec38 mille Prussiens près de Kaltenborn , s’a-vança pour secourir Tauenzien dès que lecanon gronda. Bernadotte , placé à Raben-stein à 8 lieues de là avec 70 bataillons et 80escadrons russes et suédois , les réunit d’a-bord à Lobessen, d’où il s’avança en se-conde ligne vers Eckmansdorf et Talichau :il y arriva à 3 heures. On voit que Ney avaitdéfilé avec le 4° corps devant le front del’armée prussienne sans s’en douter, et qu’unorage menaçant allait fondre sur son flancgauche. Reynier dut porter en toute hâtela division Durutte dans la direction de Nie-der-Gersdorf pour appuyer à la divisionMorand ; et l’ennemi se montrant en forcesvers Gehlsdorf, les Saxons furent obligésde se former en crochet pour faire face dece côté. Le général Thumen assaillit la di-vision Durutte à Gersdorf; Bulow se tournacontre les Saxons, et une lutte sérieuse s’en-gagea sur ce point.
Oudinot , à la tête du 12 e corps qui che-minait alors vers OEhna à notre extrêmedroite, reçut l’ordrede s’approcher de Den-newitz. Entendant la violente canonnadedu côté de Gehlsdorf, il se dirigea vers cepoint. L’ennemi avait déjà chassé les Saxonsde ce village, quand la division Guilleminotdéboucha heureusement et rétablit nos af-faires. Ces deux corps réunis repoussèrentvigoureusement l’attaque de Bulow et re-prirent Gehlsdorf; la victoire était flottante,et quoique Bernadotte n’eût pas encoredonné avec les corps russes et suédois, ellepouvait se déclarer pour nous ou du moinsrester indécise; mais la division Durutte ,assaillie à Nieder-Gersdorf par 13 millePrussiens du corps de Bulow, fut ramenée
malgré la plus opiniâtre résistance jusqu’audelà de Dennewitz. Ney, inquiété par cetteattaque sur sa gauche, en même temps queTauenzien forçait Morand au moulin à vent,replie alors le 4 e corps vers Rohrbeck. Laretraite de Durutte laissant le centre dégarniet Bertrand exposé au delà du ravin maré-cageux de l’Agerbach, Ney, auquel le dangerde cet état de choses n’avait pas échappé,réitéra à Oudinot l’ordre de venir le secon-der entre Dennewitz et Rohrbeck, Ce mou-vement, s’il eût été ponctuellement exécuté,eût accéléré sa perte; car au moment oû ildégarnissait la gauche et mettait de l’incer-titude dans ses opérations, Bernadotte , aucontraire, s’avançait à la tête de 40 milleRusses et Suédois, pour seconder Bulowsur le terrain même que devait quitter Ou-dinot . La gauche de Guilleminot fut mena-cée au même instant par la brigade Borstelet 4 mille chevaux qui débordèrent l’arméepar Seehaussen. Les Saxons, exposés à l’ef-fort de Bulow, furent écrasés à leur touret ramenés sur OEhna. La division Guille-minot, forcée de s’engager, eut besoin d’êtresoutenue, et tout le 10 e corps entra ainsi enaction sans pouvoir atteindre sa destination.LesPrussiens, quiavaientrepoussé Durutte ,passèrent le ruisseau entre Dennewitz etRohrbeck, et achevèrent ainsi la défaite ducentre, en même temps que des masses de
cavalerie dépassaient et pressaient la gauche.
Ney tenta vainement de rétablir les affairesen précipitant la cavalerie d’Arrighi dansla trouée faite par l’ennemi : des tourbillonsde poussière chassés par le vent s’élevantautour de nos masses ébranlées, elles fu-rent hors d’état de prendre la moindre dis-position pour s’opposer à l’ennemi, qu’unnuage obscur dérobait à leurs yeux; d’ail-leurs les alliés avaient des escadrons supé-rieurs à lui opposer au centre, et plus de4 mille chevaux débordaient la gauche. Tout