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Tome second.
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CHAP. XX. CAMPAGNE DE 1815.

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fut bientôt entraîné comme les Saxons , etOudinot se trouva ainsi dans limpossibilitéde donner la main au 4 e corps. Dès-lorsNey, un peu compromis, na plus dautreparti à prendre quà gagner la route deDahme ; Oudinot prit celle de Schweinitzet dAnnabourg; enfin, le 7 e corps morcelésuivit en partie celle de Hertzberg, en par-tiecelle du 12 e corps. Comme à Gros-Beeren,Bulow eut tout lhonneur de cette victoire.Bernadotte ne prit dautre part quà la ré-daction dun bulletin pompeux, il adressaforce compliments à tous ceux qui, commelui, navaient été que spectateurs de lévéne-ment.

Fautes commises dans cette bataille.

Une grande controverse sest établie surles causes de celte défaite : chacun sen estinnocenté. Il nest que trop vrai que chacunaurait pu sen attribuer la cause. De mêmequOudinot à Gros-Beeren, Ney se vit atta-qué en marche quand il sy attendait lemoins. Ses dispositions furent décousues etmême si bizarres, que son aile droite com-battit à la gauche, et que laile gauche setrouva transportée à la droite; ce qui prouveassez que tout fut imprévu. II y a du mériteaussi à gagner une bataille à limproviste :on ne fit rien de ce quil fallait pour cela.Tout démontre que Ney prit la partie secon-daire pour la principale, en sattachant ex-clusivement au corps de Tauenzien qui cou-vrait Juterbogk. Son rapport, loin de jeterdu jour sur ses combinaisons, les rend in-compréhensibles : il voulait, dit-il, refusersa gauche, et il marche à sa têle, il en faitson avant-garde. Il a voulu manœuvrer, ettout indique quil navait pas le moindre in-dice des positions de lennemi. Ney navaitdillumination quau milieu des boulets etdans le tumulte du combat : son coup

dœil, son sang-froid et sa vigueur étaient11.

incomparables; mais il ne savait pas si bienpréparer ses opérations dans le silence ducabinet, en étudiant la carte. A lépoqueles armées campaient réunies sous la tente,il eût été le plus grand général de bataille deson siècle, parce quil aurait toujours vulennemi en face; de nos jours, les mou-vements compliqués se préparent dans lecabinet, il était sujet à faillir, et il en donnaune triste preuve à Dennewitz. Les instruc-tions que je lui avais tracées nétaient pasdes meilleures, jen conviens; mais il étaitsur les lieux, et il aurait les modifier.

Son armée revint dans un affreux désor-dre sous le canon de Torgau ; elle avait perdu15 mille hommes en tués, blessés, prison-niers ou fuyards. Cétait le pendant de laKatzbach.

Pour sauver la gloire de ce vaillant guer-rier, on a prétendu quOudinot et Reynierne lui avaient pas obéi avec le zèle et la ponc-tualité nécessaires. Il est de fait quil y eutdu retard et du décousu dans les mouve-ments; mais lordre qui les prescrivait né-tait pas clair. Oudinot arriva trop tard,parce quon lui avait enjoint dattendre quele 7 e corps eût filé. En admettant même quilfut arrivé plus tôt, cela ne prouve rien ,sinon quon eût battu Tauenzien à Denne-witz, mais que la gauche nen eût pas moinsété exposée à tous les efforts de Bulow etdes corps russo-suédois.

Lorsque Guilleminot se trouva engagé àGehlsdorf, Ney réitéra plusieurs fois à Ou-dinot lordre de volerau soutien deBertrand.Sil ne fut pas obéi à la lettre, ce nest pas quil faut chercher la cause de la défaite;car le point décisif était précisément celuid lon rappelait le 12 e corps. Cet ordrefut donc une des circonstances les plus fu-nestes de la journée, et, joint au peu den-semble des attaques qui eurent lieu de 10 à 2heures, il causa la perte dune bataille qui

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