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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
rejoindre Blücher : j’allais être forcé à éva-cuer Leipsick ou à livrer une nouvelle ba-taille avec toutes les chances contre moi. Jene me dissimulais point que la perte de cetteville rendrait notre position très-précaire;avec le peu d’hommes qui me restaient, jene pouvais plus guère espérer que de défen-dre pied à pied le terrain jusqu’au Rhin ; etla perte d’une bataille n’entraînant pas d’au-tre conséquence, je me décidai à l’accepter.J’hésitai néanmoins à la recevoir devantLeipsick ou derrière la Saale , ma mauvaisefortune l’emporta; cependant, avant d’envenir aux mains, je rouvris la voie des né-gociations : je renvoyai, le 17, aux alliés legénéral Merfeldt fait prisonnier la veille, enleur proposant un armistice et l’évacuationde toutes les places de la Yistule et de l’Oder ;je me décidai même à remettre celles del’Elbe . Sous prétexte d’en référer à l’empe-reur d’Autriche , Schwartzenberg ne me ré-pondit pas; et les alliés, renforcés dans lasoirée par plus de 100 mille hommes, réso-lurent de m’accabler le i 8 au matin. Je 11em’étais pas néanmoins endormi dans l’espoird’une réponse favorable ; j’attendais le re-tour du corps de Reynier et de mon grandquartier-général qui se trouvaient à Eulen-bourg, et qui devaient me rejoindre dans lasoirée du 17. Si je ne recevais pas dans cettejournée de réponse satisfaisante à la missionde Merfeldt, mon intention était de me rap-procher dans la nuit de Leipsick, de resser-rer ma ligne pour pouvoir opérer successi-vement ma retraite dans la journée du 18. Ceretard fut d’autant plus malheureux, queGiulay venait de se replier sur Zwenkau , etque rien ne se serait opposé à ce que la re-traite commençât dans la soirée du 17, aussi-tôt après l’arrivée de Reynier.
En effet, Schwartzenberg, comme tousles généraux pusillanimes, passait sans cessed’une extrémité à l’autre. Non content
d’être renforcé par deux armées entières,il avait imaginé d’attirer Giulay dans l’es-pace entre la Pleisse èt l’Elbe , pour y rem-placer les troupes autrichiennes qui enavaient été tirées dans la journée du ie pourrenforcer le centre à Wachau : cette mesurequi m’ouvrait le chemin d’Erfurth, n’étaitjustifiée par aucun motif ; car après l’arri-vée de 100 mille hommes de renfort, il eûtété beaucoup plus convenable de renforcerle corps de Giulay, placé à merveille pouropérer sur nos communications. Je laissaiéchapper cette occasion unique de sortird’embarras, d’abord par la crainte qu’uneretraite prématurée ne nuisît à la conclu-sion de l’armistice proposé, et ensuite parune confiance excessive, mais assez naturel-lement motivée sur la calme absolu qui ré-gnait dans l’armée ennemie, et qui me pa-raissait de bon augure pour la mission deMerfeldt. Je m’abusais ; les alliés ne diffé-raient d’engager l’affaire générale que pourrallier toutes les troupes qu’ils attendaient.
Le prince de Suède, Benningsen et Colloredo renforcent les alliés.
Le prince de Suède, rassuré sur Berlin ,arrivait par le chemin de Landsberg ; d’unautre côté, Benningsen qui, pendant lamarche de la grande armée ennemie surLeipsick, s’était avancé vers Dresde , aprèsavoir laissé 20 mille hommes devant cetteplace, pour se porter avec 40 mille par Col-ditz sur Leipsick. Enfin, Colloredo rejoignitaussi avec deux divisions autrichiennes :tous ces corps arrivèrent dans la soiréedu 17. C’était près de 120 mille hommes deplus pour les alliés. Voyant, dans la nuitdu 17 au 18, que Merfeldt ne revenait point,je commençai à en concevoir des inquiétu-des, et j’arrêtai les mesures préliminairesde l’évacuation de Leipsick ; mais le maté-riel était si considérable et les défilés si