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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.

et le traité fut signé à Valençay dès le 11 dé-cembre; mais il ne s’agissait pas de renvoyerFerdinand en écolier, il importait de mettreà sa réintégration des conditions qui n’enfissent pas un ennemi plus redoutable pourmoi que les cortès; en un mot, il fallait un1 traité reconnu par l’Espagne . François i orne s’était pas cru forcé de remplir les con-ditions du traité signé avec Charles-Quint àMadrid : rien ne prouvait que Ferdinand n’a-girait pas de même envers moi. J’eusse ac-cepté tout ce qu’il aurait voulu, si j’avais étéassuré que les Espagnols cessassent les hos-tilités et congédiassent les Anglais ; mais silord Wellington restait en armes sur lesPyrénées , ce retour pur et simple du roin’aurait qu’ajouté à la force de mes enne-mis, en plaçant Ferdinand à côté du ducd’Angoulême au quartier-général anglais .

Le parti qui conspirait contre moi, etTalleyrand surtout, eurent recours à milleintrigues pour retarder ce renvoi et entra-ver la ratification d’un traité qui, à l’enten-dre, achèverait de détruire le prestige dema supériorité. Caulaincourt lui-méme futdupe des embûches qu’on lui dressait. Tropd’habitude à persévérer dans mes entrepri-ses me fit aisément prêter l’oreille à ces per-fides insinuations, et différer ainsi une me'sure à laquelle je me déterminai lorsqu’iln’était plus temps. Je me bornai à deman-der à Soult deux divisions de son armée qu’ildirigea sur la Seine , et to mille hommes àSuchet qu’on dirigea vers Lyon .

Je pris plus facilement mon parti surl’Italie ; j’ordonnai à FAigène d’acheter, auprix d’Osoppo et de Palma-Nova, un armi-stice de quelques jours avec Bellegarde, d’enprofiter pour échelonner son armée surCrémone et Milan , de filer ensuite par lesAlpes sur Genève . Je calculai que, maîtred’Alexandrie et de Mantoue , il me suffirait dequelques marches pour replanter mes aigles

sur l’Adige , si nous obtenions de grandssuccès en France . Or, pour obtenir cessuccès, la coopération d’Eugène eût été né-cessaire. Afin de lui donner plus d’effica-cité, on devait assembler à Lyon , sous lesordres d’Augereau, un corps de 25 millehommes dont le noyau serait formé par 10mille soldats d’élite, tirés de l’armée de Ca-talogne . La réunion de ces forces m’eûtpermis de reprendre la Suisse , de jeterainsi 60 mille hommes sur les communica-tions des ennemis, d’opérer de concert aveccette masse, augmentée de toute la popula-tion insurgée de la Franche-Comté , del’Alsace et de la Lorraine . J’espérais queBellegarde, tout ébloui de la conquête pas-sagère de la Lombardie , aurait assez d’oc-cupation à investir Mantoue et Alexandrie ,sans songer à suivre Eugène au delà desAlpes .

Rien de tout cela ne put s’effectuer : on avoulu en rejeter la faute sur Eugène et sursa femme; ce qui est une calomnie. Réflê 5chissant plus tard que même les régimentsfrançais de son armée étaient recrutés deconscrits piémontais , toscans et romains,qui abandonneraient leurs drapeaux en pas-sant les Alpes , je lui laissai le champ librede rester en Italie , s’il pouvait se maintenirsur le Mincio, ou s’il craignait d’être suivipied à pied dans sa retraite, de manière àattirer à sa suite une armée victorieuse deplus sur la France ; en effet, il préféra guer-royer sur l’Adige . I)u moins il le fit avecgloire, honneur et loyauté.

On voit par ces dispositions que, tout enappréciant l’immensité de la tâche que j’a-vais à remplir, je n’en étais cependant pointeffrayé. Si j’avais des places à garder, lesalliés avaient aussi à bloquer Hambourg ,Magdebourg, Stettin, Torgau , Witteni-berg, Custrin, Glogau ; s’ils passaient leRhin, ils devaient investir Mayence et