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PIÈCES JUSTIFICATIVES.
que l’on voudrait : on y trouverait des subsis-tances et des fourrages, en s’étendant de droiteà gauche. Nous sommes vainqueurs, noussommes organisés; et si nous avions des affaireset des blessés, on serait dans la position ounous étions en venant 'a l’égard des blessés qu’aeus l’avant-garde. A la vérité, on peut prévoirde l’embarras pour les fourrages ; mais on s’enprocurerait à deux ou trois lieues : ce ne se-rait donc pas là une difficulté du premier ordre.
TITRE II.
Article 1 er . Il n’y a aucune espèce de douteque, si Smolensk et Vitepsk étaient des payscomme Kœnigsberg et Elbing , le projet le plussage serait celui dont il vient d’être parlé auchapitre ci-dessus, se rendant dans un beaupays pour y passer ses quartiers d’hiver et yrefaire l’armée.
Art. 2. Dans la situation ci-dessus, on nepourrait cependant pas se dissimuler que laguerre traînerait en longueur ; mais elle tour-nerait bien plus en longueur vers les mauvaispays, tels que Smolensk et Vitepsk , qui offrentsi peu de ressources, et où on serait si médio-crement établi pour passer huit mois de quartierd’hiver.
TITRE III.
De ce qu’il conviendrait de faire.
Article i er . Quel but a-t-on à remplir? x° Pla-cer l’empereur le plus près possible de France ,de manière que ses estafettes, qui portent lessecrets de l’état, ne puissent être interceptées,et donner àl’empirela confiance que l’empereurest au milieu d’un peuple ami pendant ses can-tonnements d’hiver.
2° Cantonner l’armée dans un pays ami ; larapprocher de ses ressources d’habillement etd’équipement.
3 ° Se mettre dans une position qui appuie lesnégociations de paix que l’empereur fait faire,en menaçant St-Pétersbourg .
4 ° Soutenir l’honneur des armes à la hauteuroù l’a élevé cette glorieuse campagne.
Art. 2. Sans contredit, une manœuvre quiréunirait les quatre conditions ci-dessus, seraitparfaite.
Cette manœuvre serait la suivante :
Le duc de Bellune, avec son corps renforcéde quatre bataillons saxons, de deux bataillonswestphaliens, de deux ou trois bataillons d’II-lyrie, de deux bataillons du 129 e régimentd’infanterie, ce qui doit approcher ce corpsd’armée d’une force de 40 mille hommes, par-tirait de Smolensk le premier jour de l’opérationpour se porter sur Vely et Velikielouki, où ilpourrait arriver le huitième ou le neuvièmejour. De Velikielouki, le duc de Bellune pren-drait sa ligne d’opération sur Polotsk et Vi tepsk . Le maréchal St-Cyr, partant de sa posi-tion de Polotsk , le rejoindrait en six jours demarche. Le maréchal duc de Tarente lui enver-rait, des environs de Dunabourg , une brigaded’infanterie pour le rejoindre. Le maréchal ducde Bellune, comme le plus ancien, commande-rait toutes ces troupes réunies à Velikielouki,où, le dixième jour, à partir du premier oùl’expédition serait mise en mouvement, il s’ytrouverait réunie unearméede 7 omiIle hommes:de Vilikielouki, l’armée du duc de Bellune tire-rait ses vivres de Polotsk et de Vitepsk .
Le jour où le maréchal duc de Bellune com-mencerait son mouvement, l’empereur, avecl’armée, partirait de Moscou pour marcher surVely, passant par Voskrescuzk, Voloklamzk,Zoubtosw, Bieloi, pour arrivera Vely, à la tètede l’armée, le dixième jour de marche ; et laqueue, le treizième ou le quatorzième. De Vely,l’armée tirerait ses vivres également de Vitepsk et de Polotsk . Ainsi, pendant que le duc deBellune menacerait St-Pétersbourg de sa posi-tion de Velikielouki , l’armée se trouveraitderrière lui sur la Dwina : le 3 e corps d’armée