MÉMOUIES DE NAPOLÉON
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différemment j il attaqua de front: et après plusieurs com-bats sanglants , il força enfin le défilé de Ligny avec sa ré-serve, et il déboucha sur le centre de l’armée prussienne,dont la retraite favorisée par la nuit, se fait naturellementvers les Anglais , du côté de Bruxelles, puisque nous leschassions dans ce sens. Nous couchons sur ce champ de ba-taille après cette victoire sanglante et peu décisive, qui nouscoûta x 5 ,ooo hommes y compris nos pertes au combat desQuatre-Bras.
Le 17, nous marchons sur deux colonnes ; la colonneprincipale, après avoir rallié les troupes qui s’étaient bat-tues la veille aux Quatre-Bras, suit la route de Bruxelles,et trouve à l’entrée de la nuit l’armée anglaise en positionau village de Mont-St-Jean. Notre colonne de droite, fortede 3 o,ooo hommes, chargée de suivre les mouvements desPrussiens, incertaine de leur direction, s’arrête à Gembloux ,non loin du. champ de bataille de la veille.
« Le 18 matin, nous reconnaissons l’armée anglaise dansla même position que la veille, rangée sur deux lignes,avec une réserve centrale; sa gauche un peu en arrièreallant s’appuyer à la foret de Soignes ; son centre fortifiépar Je village de Mont-St-Jean , au nœud des routes deCharleroi et de Nivelle à Bruxelles, et sa droite couvertepar un ravin. Non loin de Braine-la-Leud, le terrein s’éten-dait en glacis assez uniformes sur son front. Le général an-glais , sur le champ de bataille étudié d’avance, avait pro-fité de toutes ses hauteurs , pour y placer avantageusementson artillerie, et de tous les mouvements du terrain pourdérober son infanterie à nos coups. Son armée nous parutforte de 80,000 hommes, à en juger d’après l’étendue de sonchamp de bataille. Nous employons toute la matinée, jus-qu’à midi, à développer notre armée et à nous préparer aucombat. Nous avions 55 ,000 combattants , non compris