31 S MÉMOIRES DP. NAPOLÉON.
ces instructions et d’user de la carte blanchequi lui avait été donnée. Napoléon, rentré dansson cabinet, eût, avec son ministre, une con-férence qui dura fort avant dans 1^ nuit. Il futdécidé qu’on ne devait pas hésiter à aban-donner la Belgique et même la rive gauche duRhin, si bon ne pouvait avoir la paix qu’à ceprix ; mais que s’il était possible de traiter aumoyen d’une seule de ces concessions , il fallaitcommencer par l’abandon delà Belgique , quel-que désir qu’eût Napoléon de conserver cettebelle province, parce que les ministres anglais ,dont le but principal aurait été atteint, pour-raient craindre d’exposer un résultat aussi na-tional pour eux en soutenant les autres con-cessions qui seraient demandées , et que, d’unautre côté, dans des temps plus prospères,on pourrait reprendre la Belgique , en ne s’ex-posant qu’à une guerre maritime qui ne com-promettrait pas le sort de l’empire, tandis qu’onne tenterait pas de reconquérir la rive gauchedu Rhin sans exciter une guerre continentale.Les instructions du plénipotentiaire furent ré-digées dans ce sens : offrir d’abord l’abandonde la Belgique , ensuite celui de la rive gauchedu Rhin, s’il était reconnu indispensable. L’Ita-lie, le Piémont, Gènes , l’état de possession àétablir en Allemi\gne, même les colonies,étaient des sacrifices faits d’avance.