PIÈCES JUSTIFICATIVES- /)5l
cent-ils pas qu ils le veulent encore aujourd’hui ?Conserver la même puissance relative qu’elle a tou-jours eue, est aussi le seul désir qu’ait réellement laFrance. Mais l’Europe ne ressemble plus h ce qu'elleétait il y a vingt ans : à cette époque le royaume dePologne, déjà morcelé, disparut entièrement, l’im-mense territoire de la Russie s’accrut de vastes et ri-ches provinces. Six millions d’hommes furent ajoutés àune population déjà plus grande que celle d’aucun étateuropéen. Neuf millions devinrent le partage de l’Au-triche et de la Prusse. Bientôt l’Allemagne changea deface. Les états ecclésiastiques et le plus grand nombredes villes libres germaniques furent répartis entre lesprinces séculiers. La Prusse et l’Autriche en reçurentla meilleure part. L’antique république de Venise de-vint une province de la monarchie autrichienne ; deuxnouveaux millions de sujets, avec de nouveaux terri-toires et de nouvelles ressources, ont été donnés de-puis à la Russie , par le traité de Tilsitt, par le traitéde Vienne, par celui d’Yassi, et par celui d’Abo. De soncôté, et dans le même intervalle de temps, l’Angle-terre a non-seulement acquis, par le traité d’Amiens ,les possessions hollandaises de Ceylan et de l’île de laTrinité; mais elle a doublé ses possessions de l’Inde ,et en a fait un empire que deux des plus grandes mo-narchies de l’Europe égaleraient à peine. Si la popu-lation de cet empire ne peut être considérée commeun accroissement de la population britannique , en re-vanche , l’Angleterre n’en tire-t-elle pas, et par lasouveraineté et par le commerce, un accroissement
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