DES SOLS BOISÉS ET NON BOISÉS. 4 85
« la montagne qu’on appelle du nom d’Alexandrie .... Vient ensuite« Aspanéus, le chantier de la forêt de l’Ida; c’est de là que l’on des-« cend le bois que l’on coupe sur une montagne, pour le débiter à<r ceux qui en ont besoin.
« Astyra est aussi censée appartenir àlaMysie. A 50 stades dans Pin-ce térieur des terres est Thébé déserte, qui, suivant Homère, était sous« Placos, couvert de forêts; cependant on n’y trouve plus ni l’endroit« nommé Placos ou Plax, ni aucune forêt, quoiqu’elle soit dans le voi-ce sinage de l’Ida. Thébé est à environ 70 stades d’Astyra, à 60 d’An-« deisa; mais tous ces noms ne désignent plus que des lieux déserts ou« mal peuplés, ou des fleuves qui ne sont que des torrents. »
En parlant de la Babylonie (l), Strabon s’exprime ainsi : « En re-« montant l’Euphrate, depuis son embouchure jusqu’à Babylone, on a,« à droite et à gauche, un pays bien habité, de plus de 3000 stades d’é-
« tendue.Babylone est, en grande partie, déserte.Vu la
« rareté du bois de charpente, les poutres et les piliers des édifices
« particuliers sont en bois de palmier.Toutes les maisons elles-
« mêmes sont voûtées à cause du manque de bois de charpente, car« le pays est en grande partie couvert de taillis, n’ayant d’autres arbres« de haute futaie que le palmier. Cet arbre, qui vient en très-grande« quantité dans la Babylonie, se trouve abondamment aussi dans la« Susiane (2), sur la côte de Perse et dans l’Arménie. »
Ou voit par là que, du temps de Strabon, l’Assyrie était déjà dé-boisée comme elle l’est aujourd’hui.
§ II.
Des forêts de la Judée, de l’Égypte, de l’Algérie et du littoral de l’Afrique. '
La Judée a perdu ses forêts. Que sont devenues ces fameuses forêtsde cèdres du Liban mentionnées dans la Bible, et dont on ne retrouveaujourd’hui que quelques descendants (3)? Citons plusieurs passages :
« Il bâtit encore le palais appelé la Maison de bois du Liban, qui
« avait 100 coudées de long.Il y avait quatre galeries entre
« les colonnes de bois de cèdre (4). »
« Avec la multitude de mes chariots, je suis monté sur le haut des« montagnes ; sur le sommet du Liban, j’ai abattu les superbes cèdres
(1) Strabon, liv. XVI, p. 120. — (2) Strabon, liv. XVI, p. 169.
(3) Robinson, Voyage en Syrie et en Palestine, t. XI, p. 112 et suivantes ;trad,franç— (4) IIIdes Rois, VII, 2.