DES DÉSERTS, DES STEPPES, ETC. 253
peut y suppléer comme il suit : En Espagne (i), près de San-Lucar etde Barameda, on a pu rendre à la culture un sol poudreux d’une ex-trême aridité ; à la surface, les dunes amoncelées do San-Lucar sontrecouvertes par un sable quartzeux assez ténu pour être emporté par levent; mais comme la partie inférieure de ce terrain est constammentmouillée par le Guadalquivir, il suffit d’enlever le sable sec qui le re-couvre et de le niveler, pour obtenir un sol qui réunit au plus hautdegré deux conditions essentielles à la fertilité : humidité et chaleur.
Quant à la fixation d’un sol mouvant, Brémontier, ingénieur desponts et chaussées, l’a opérée en le couvrant de plantations pro-ductives, comme on va le voir.
Les dunes sont des monticules de sable rejeté par les eaux de lamer ; celles qui se trouvent entre les embouchures de la Girondeet de l’Adour , occupent une superficie d’environ 1139 myria-mètres carrés, sur une élévation moyenne de 20 mètres. Ces dunesavancent dans les terres par l’impulsion des vents d’ouest, avec unevitesse de 24 mètres par an, et finissent par envahir des villageset des forêts. On a calculé qu’en vingt-quatre siècles tout le Bor-delais serait envahi par les sables. Pour les fixer il y a deux choses àfaire : développer la végétation et la protéger contre l’impétuositédes vents de mer, jusqu’à ce que les racines des plantes aient péné-tré dans le sol. Voici comment Brémontier a résolu la question :Depuis la base des premiers monticules jusqu’à la ligne des plushautes marées, le terrain est plat, le sable y roule sans s’y arrêter.Ou commence par y établir un semis de graines de pins et de genêts,et on recouvre le sol de branchages verts fixés solidement par descrochets enfoncés dans le terrain. Au moyen de cet abri, les grainesgerment et les plantes se développent avec une prodigieuse rapi-dité. Cette première plantation, qui arrête les sables, est destinéeà protéger celles qui doivent la suivre et s’étendre vers l’intérieur desterres. Quand cette plantation a cinq ou six ans, on en fait une autrecontiguë à celle-ci, sur une largeur de 60 à 100 mètres; puis l’oncontinue graduellement jusqu’au sommet des dunes. En 1809, les semisoccupaient déjà une étendue de. 3,700 hectares dans le bassin d’Ar-cachon. Le succès a été tel, qu’en seize ans, des pins avaient déjàatteint une élévation de 10 à 12 mètres. Le succès obtenu a engagé àcontinuer dans celte localité et dans d’autres analogues, comme surles côtes de Hollande, le même mode de plantation.
(1) Économie rurale, Boussingault, t, l* 1 , p. 638.