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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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DES DËSEIU'S, DES STEl’l'ES, EXE. 250

ont quelquefois 2 mètres et plus de hauteur. Elles caractérisent par-ticulièrement la Russie méridionale, la Sibérie et le Kurdistan.

Sur le haut plateau de l’Asie centrale, entre l’Altaï et le Kuen-Lün,depuis la muraille de la Chine jusqu’au delà des monts Célestes et versle lac d’Aral, se trouvent les steppes les plus grands, si ce n’est lesplus élevés du monde. Une partie de ces steppes, ceux des Kal-mouks et des Kirghises, occupent une étendue de 70 milles géogra -phiques.

La végétation y est interrompue çà et là par des collines et des fo-rêts de pin, et présente des groupes beaucoup plus variés que lesllanos et les pampas de Caraccas et d<i Buenos-Ayres.

Les plus beaux steppes de l’Asie, ceux qui sont habités par les peu-ples pasteurs, sont garnis de bas arbrisseaux, de rosacées, de fleursblanches luxuriantes, de couronnes impériales, de tulipes, etc. Quel-ques-uns de ces steppes ne sont que des plaines de graminées; d’autressont couverts çà et là d’efflorescences salines, et produisent des salsola-et d’autres plantes marines.

Dans l’Amérique méridionale, les steppes portent différents noms,que l’on résume en celui de savanes. Us diffèrent des steppes asiatiqueseu ce qu’ils sonttransformés pendant la saison sèche en véritables désertsde sable. Ces steppes, suivant M. de Humboldt ( 1 ), depuis la chaîne lit-torale de Caraccas jusqu’aux forêts de la Guyane, depuis les montagnesneigeuses de Mérida jusqu’au delta que l’Orénoque forme à son embou-chure, au S. O., se prolongent, comme un bras de mer, au delà desrives du Yléta et du Yichada, jusqu’aux rives inexplorées du Guaviarecl jusqu’au groupe de montagnes isolé appelé par les guerriers espa-gnols le Paramo de la Summa-Paz (le beau séjour de la paix éter-nelle) ; ils occupent un espace de iC,ooo milles carrés.

Les llanos de l’Amérique du Sud sont situés sous la zone torride ,comme la plus grande partie du Sahara, de l’est à l’ouest; ils onttrois fois moins d’étendue que les déserts de l’Afrique, et sont ra-fraîchis parles alizés; tandis que ces derniers, situés sur le mêmeparallèle que l’Arabie et le sud de la Perse, sont mis en contact avecdes couches d’air qui ont passé sur des continents embrasés et rayon-nant de la chaleur.

Voici comment les llanos ou savanes agissent sur le rayonnementnocturne : ces plaines, couvertes de graminées, s’échauffent par l’actionsolaire, même lorsqu’elles sont entièrement sèches, beaucoup moins ce

(l) Tableaux de la nature , t. 1, p, 20.

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