CHAP1TBE VIII.
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« plus à emprunter que la minime quantité d’eau nécessaire pour« subvenir aux besoins de la navigation et à l’évaporation, sur une« distance de 10,000 mètres; le reste du canal, suffisamment abaissé« au moyen d'écluses, à l’aval des réservoirs, sera alimenté par eux.
« Par son tracé sur les hauteurs, par la nature du terrain traversé,« lequel est partout couvert d’étangs, le canal de la Sauldre sera« dans une position analogue à celle du grand canal de la Sologne,« après la traversée du chemin de fer. Tout ce que nous avons dit de« ce dernier, au point de vue agricole, est aussi applicable à l’autre,« qui rendra les mêmes services sur une moindre échelle. »
Tel est le plan proposé dans le but d’assainir les parties maréca-geuses, d’irriguer les plateaux et d’établir des voies de communicationpeu dispendieuses par eau. Supposons ce plan exécuté, les canauxexécutes et le pays assaini, on peut se demander dès aujourd’hui sitoutes les terres sont propres à la culture des céréales ou à être trans-formées en prés. Les personnes les plus compétentes se sont déjà pro-noncées à cet égard, et nous partageons leur opinion : la plus grandepartie des terres, étant sablonneuses, sans consistance, ne sont bonnesqu’à recevoir des semis d'arbres verts, culture qui contribuerait àrestituer au sol la couche d’humus que le défrichement lui a enlevée,et permettrait, dans un avenir plus ou moins éloigné, celle des cé-réales.
Parmi les opinions émises à ce sujet, nous citerons celle de M. Ad.Brongniart, chargé par le gouvernement d’une mission dans la Solognepour étudier les plantations forestières à y introduire : « Dans l’état« actuel do la Sologne, le sol consacré à la culture arable, aux prai-« ries, aux bois ou laissé en bruyères, formant environ 440,000 hec-« tares, qui, à l’exception des prairies, vaut rarement plus de 200 lr.«Thectare, peut représenter une valeur totale de 128,000,000 fr.,« donnant un revenu approximatif de 3,900,000 fr. En dépensant,« pour l’amélioration agricole d’un tiers de ce terrain, et pour la plan-te tation en bois des deux autres tiers, dans l’espace de vingt à trente« ans, la somme de 55,000,000 fr., on peut amener la Sologne à don-« ner un revenu annuel de 13,800,000 fr. Ce serait une augmentation« de revenu de près de 10 millions pour une dépense de 55 millions...« .... L’extension des bois sur ce sol aride aurait l’avantage de rem-et placer, en partie du moins, les vides formés dans nos anciennes forêts« par les défrichements si multipliés depuis une trentaine d’années, et« d’assurer pour l’avenir, au centre môme de la France, à 30 ou 40« lieues de Paris, dans une région que la Loire et les canaux mettent