CHAI'IÏUE VIII.
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de la Sologne, en un mot, doit être considérée comme étant àl’étude.
§ H.
La Brcnue.
La Brenne, située entre l’Indre et la Creuse, département de l’Indre,présente une superficie circulaire de plus de 200 kilomètres de circon-férence, ou environ 80,000 hectares, c’est-à-dire le cinquième de celledelà Sologne, qui est évaluée à près de 450,000 hectares. Son sol argilo-siliceux repose, comme en Sologne, sur une couche d’argile impéné-trable plus ou moins épaisse, qui s’oppose à l’infiltration des eaux ;elle est couverte d’étangs, auxquels on attribue les fièvres intermit-tentes auxquelles la population est en proie. Le bétail, qui se ressentégalement de cette influence pernicieuse, est chétif et de petite taille.La population est, en moyenne, d’environ 15 habitants par kilomètrecarré, de même qu’en Sologne. Les villages sont rares, et les villes si-tuées à quatre ou cinq lieues de distance. Cet état de choses n’a pastoujours existé. Essayons de remonter à ce qu’était jadis cette contrée,afin de voir s’il ne serait pas possible d’y revenir.
On a vu, dans le tableau des forêts de la France (p. 216), qu’il y adouze siècles la Brenne était couverte de forêts entrecoupées de prai-ries, arrosées d’eaux courantes et vives, et qu’elle était renomméepar la fertilité de ses pâturages et la douceur de son climat.
A la disparition des forêts succédèrent les étangs, qui ne tardèrentpas à envahir les terrains improductifs et sans valeur. Leur multiplica ■tion fut portée à un tel point, qu’en 1714 la seule terre de Bouchet-en-Brenne en comptait 300 (1). Quoiqu’on en ait desséché un grand nom-bre et que le pays se soit bien amélioré depuis soixante ans, en 1837leur superficie totale était encore de 4,000 hectares, c’est-à-dire lede la superficie totale, tandis qu’en Sologne elle n’est que le ÿL. LaBrenne renferme donc plus d’étangs que la Sologne dans le rapport de7 à 4 ; l’air doit donc y être plus insalubre. Le terrain, avec son sous-sol imperméable et son peu d’inclinaison, se prêtait parfaitement àl’établissement des étangs; aussi les communautés religieuses se hâ-tèrent-elles de les propager, dans le double but d’utiliser des terresimproductives et sans valeur, et d’en retirer une nourriture préférableà celle des plantes potagères.
Diminuer le nombre des étangs, assainir, former des prairies et boi-
(i) Piganiol de la Koi ee, Description de la France.