282
f.nAPlTRF. VIII.
composé d’une terre légère, rougeàlre. Les cailloux, qui sont souventagglutinés, forment une couche d’épaisseur variable qui est quelquefoisde 5 à G décimètres de profondeur. Les eaux filtrent avec la plusgrande facilité à travers celte terre. La Cran se trouve par là, pendantune partie de l’année, dans un état de sécheresse qui s’oppose à touteespèce de végétation. Malgré cette stérilité apparente, l’homme estparvenu, à force de soins, à obtenir d’abondantes moissons sur uneportion du sol.
Toute la lisière est cultivée jusqu’à une certaine distance, à l’excep-tion de l’espace qui s’étend depuis Fos jusqu’au Plan-du-Bourg, terri-toire d’Arles. Cette partie, nommée la Coustière, est formée des allu-vions du Rhône, et consiste en marais remplis de roseaux, de joncs,de carex, etc. Ces pâturages aqueux ou prés palustres servent à la nour-riture des chevaux. La Coustière est traversée par plusieurs canauxou 7'oubines, qui servent de communication sur différents points, aumoyen de barques légères.
On trouve, au milieu de la Cran, des espèces d’oasis, des îles de, ver-dure, que l’on cultive avec succès, et qui offrent d’excellents pâtu-rages. On évalue à environ la superficie de l’ancienne Crau qui estcultivée. Le canal de Craponne, qui l’entoure en partie, et celui deBois-gelin, qui en traverse certains cantons, ont permis de défricher avecbeaucoup de succès plus de la moitié de la portion qui appartient auterritoire d’Arles, les f du territoire d’Eyguières, autant de celui deSalon, la plus grande partie de celui de Grans et de Miramas, et plusdu tiers de celui d’istres. La partie défrichée du territoire de Fos estpeu considérable.
Quoique la Crau, pendant les chaleurs de l’été, soit dans un grandétat de sécheresse, cependant, après les pluies d’automne, il y croîtune herbe très-courte, substantielle, qui convient parfaitement à lanourriture des bêtes à laine.
Les eaux de Craponne et de Boisgelin ayant été dirigées vers celtecontrée, on est parvenu à obtenir d’abondantes récoltes au milieu deces cailloux stériles, où l’on cultive les céréales, la vigne, le mûrieret l’olivier. Avant que ces canaux fussent établis, les limites de la Craus’étendaient jusqu’aux murs mêmes de Salon; elles en sont maintenantà un myriamètre de distance. Il en est de même sur presque toute lalisière et les environs d’Arles, d’istres, de Grans, qui présentent unesuite de riches cultures et de vertes prairies.
On a attribué ces heureux changements aux eaux de la Durance,qui ont déposé sur ces plaines une couche de limon fécondant, ayant