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vaut de recourir à l’emploi des machines très-coûteuses et assujettis-santes pour élever l’eau destinée au lavage des terres, il faudrait tenterd’utiliser les crues fréquentes du fleuve, qui maintiennent quelque-fois ses eaux au-dessus du niveau des fonds les plus élevés. « C'est« alors, dit-il, qu’enrichi tour à tour des dépouilles de presque tous«les départements du sud-est et du centre de la France, le Rhône«offre, en quelque sorte, aux agriculteurs, le choix entre toutes les« natures de limon dont ils peuvent espérer de couvrir leurs champs. »
Au surplus, il propose, comme point de départ, l’assainissement dupays, marche qui nous paraît la plus directe en opérant comme ilsuit. Le niveau moyen au-dessus des basses eaux de la mer est d’en-viron 2 mètres, celui des pâturages t“,25, et celui des marais o m ,7 5,et la pente est très-faible. On est garanti des eaux du Rhône par defortes chaussées; en formant une digue du côté delà mer, on ne crain-drait rien de ce côté, et on n’aurait plus à s’occuper que des eauxpluviales. En supputant la quantité d’eau qui tombe annuellementdans la contrée, il conclut qu’en mars tout serait à sec dans l’ile si lesétangs étaient endigués, et qu’alors l’assainissement serait complet.M. de Rivière indique aussi comment on peut amener l’eau du Rhônedans les étangs et les marais, afin de les faire servir à l’arrosement età l’atterrement.
M. de Gasparin, juge très-compétent dans la matière, a défenduson plan d’amélioration (i) delà manière suivante. Il commence pardéclarer qu’il est d’accord avec M. de Rivière sur tout ce qui concerneles terrains salants de la Méditerranée, si ce n’est qu’il diffère d’opinionsur la manière de se procurer l’eau douce nécessaire pour les dessaleret faire les irrigations. Sans renoncer à l’emploi des machines à va-peur, le seul qui puisse permettre d’arroser périodiquement, M. deGasparin convient qu’il peut en exister de moins dispendieux.
Les terres à blé de la Camargue sont plus élevées que le niveaumoyen du Rhône, mais dans les crues de ce fleuve elles lui sont infé-rieures ; c’est pour ce motif que les propriétaires riverains ont élevédes digues pour s’opposer à l’envahissement des eaux. On a cru remar-quer que, depuis l’exhaussement de ces digues, la fertilité des terresétait moindre et leur salure plus grande; pour parer à cet inconvénient,M- de Rivière propose de porter, au moyen de fossés, sur les terrains,les eaux du fleuve dans les crues, qui y déposeraient leur limon. Cetteopération devrait être successive et lente, sans quoi les troupeaux ne
( 1 ) Annales d'agriculture ,même volume, p. 192 .