CHATITRE IX.
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et de pêcher, lequel n’appartenait qu’au seigneur, qui ne s’appropriaitpour cela ni le territoire ni le fleuve qu’il frappait d’interdiction;mais, comme l’observe très-bien M. Maury (i), « l’établissement d’urie« forêt avait pour résultat nécessaire l’abandon de la culture et l’émi-« gration des habitants, qui ne pouvaient vivre ni cultiver en présence« des bêtes féroces dont le territoire était peuplé. Le propriétaire étant« absent, le souvenir du droit de propriété se perdait, et le seigneur« demeurait seul possesseur du territoire abandonné. »
Les ruines découvertes dans les forêts du Haut-Itbin, dans celles deGrand (Vosges), de la Meurthe et dans plusieurs autres localités, etqui ne remontent qu’à l’occupation romaine, prouvent bien que ceslieux, après avoir été habités, ont été abandonnés (2).
Les forêts reparurent alors presque aussi nombreuses qu’elles l’é-taient dans les Gaules lors de l’occupation romaine; un grand nombrede documents historiques ne laissent aucun doute à cet égard.
Les usagers exploitaient les forêts dans lesquelles il existait des po-pulations, se livrant à des industries qui employaient le bois commematière première. Ces populations formaient souvent des corporationspuissantes qui se mettaient au-dessus des ordonnances ; ainsi, il exis-tait des corporations de charbonniers, de forgerons, de boisseliers, deboisiers, de verriers, de tourneurs, de sabotiers, de cendriers, de cer-cliers, de tuiliers et de potiers, qui, en se réunissant, donnèrent nais-sance à des villes et des villages. Des luttes s’établirent entre ces cor-porations et les seigneurs, luttes qui tournèrent au désavantage desforêts, que ces corporations dévastèrent pour se venger de leurs vexa-tions.
L’abaissement graduel de la noblesse, l’affermissement du pouvoirroyal, les progrès de la civilisation et l’affranchissement des com-munes firent cesser cet état de choses.
A la suite des guerres du moyen âge, de vastes étendues de ter-rain étaient devenues stériles, des actes nombreux du commencementdu quinzième siècle offraient à ceux qui voudraient s’établir dans uneseigneurie, autant de terre qu’ils pourraient en cultiver, tout le boisnécessaire à la construction des habitations, à leur entretien et auchauffage (3).
Les usagers, une fois en possession de leurs droits, en abusèrent, eton eut à déplorer de nouveau la diminution rapide des forêts, qu’ilsne cessaient de dévaster, Les forêts royales, dans lesquelles les droits
( 1 ) Histoire des grandes forêts de la Gaule , p. 220. — (2) A. Maury, ouvragedéjà cité, p. 211. — (3) Coutumes du Nivernais, quest, 303.