Buch 
Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
Entstehung
Seite
320
JPEG-Download
 

520

CHAPITRE X.

Ariège.

1795. On va par fronpcs dans les bois; on vend les fagots, et lepeuple en fait un métier. 11 serait dangereux de s’y opposer.

Pyrénées-Orientales.

Dans une proclamation imprimée et affichée, l’administration cen-trale disait contre les défrichements : « Les cailloux des monts, cn-« traînés par les eaux, encombrent les lits des rivières et les font dé-

border.

« Nos superbes forêts de Céret et de Prades sont détruites.

« Il n’y aura bientôt plus de bois de chauffage; les bois taillis ne« peuvent suffire aux forges, et la rigueur des saisons a fait périr une« grande quantité d’oliviers. »

Basses-Pyrénées.

M. Ramond, préfet, mandait :

« Sur quinze ou vingt lieues carrées, on ne voit plus d’arbres ayant« 5 ou 6 mètres de haut; les plateaux sont sans arbres, et la popu-« lation, voisine de l’Espagne, depuis le commencement du siècle n’a« cessé de diminuer et de reculer par le manque de combustible. »

B aute- Garonne.

1795. A la fin de celte année, un agronome écrivait ainsi à lacommission d’agriculture :

« On défriche les sommets des montagnes; on arrache les arbres',« et ces arbres et ces montagnes nous préservaient des frimas, en ce« qu’ils servaient d’abris aux vallons où prospéraient les vignobles et« les oliviers... Les pluies entraînent la terre; il n’v reste plus qu’un« tuf stérile ; et alors, plus de dépaissancc pour les bestiaux, plus d’a-« bris et plus de récoltes.

« On a vu périr en Languedoc les oliviers sur des collines où ils« avaient constamment prospéré; et déjà, dans les pays de plaine, il y« a moins de bestiaux et de grains. »

Gers.

Deux sociétés populaires du Gers écrivaient immédiatement à laConvention :

« Les débordements sont désastreux, les eaux descendent des col-« lines nues; la Save, cette année, a débordé douze fois et rouillé les« prairies ; ce qui cause de meurtrières épizooties. »