EFFETS DU DÉBOISEMENT.
551
Ariége.
1804. M. Brun, préfet :
« Depuis que les défrichements ont été trop étendus, on a eu moins« de pâturages ... de bétail et d’engrais ... Les terres, remuées sur« des côtes roides, ont été emportées par les eaux pluviales, et les« roches en sont réduites à une éternelle stérilité ... Les bonnes terres« sont encombrées par les rocailles et gravats ...
« A Mirepoix, on a divisé en quatre cents lots un communal en« pente sur la rivière de Lers. Un exemple a déjà prouvé que la terre« défrichée est bientôt entraînée.
« Le département, autrefois, était en grande partie couvert de bois;■ aujourd’hui, plusieurs communes en manquent, et ce sont colles qui« en avaient le plus et qui sont situées dans les montagnes. Ces causes« sont .... les coupes extraordinaires dans presque toutes les forêts,« et surtout dans les bois nationaux qui ont été vendus... ; ce sont les« pillages que la licence a introduits, et qu’il n’a pas été possible de« réprimer par les lois qui existent.
« Le bétail détruit les bois taillis des montagnes ; on n’a pu jusqu’a-« lors l’empêcher.
« Le pillage des bois va en augmentant. Les déprédateurs abattent« indistinctement toute espèce d’arbres .... ils arrachent les jeunes<> plants, et ils effrayent tellement les propriétaires, que si l’on n’y met« pas ordre, tous les arbres disparaîtront dans peu et ne seront plus« remplacés. »
Hautes-Alpes.
1804. M. de Bonnaire, préfet :
« Le climat est froid parce que le vent passe sur des pics élevés,«où sont amoncelées des glaces éternelles. — L’hiver dure long-« temps. — La température varie dans ... la même journée; la grêle« menace jusqu’à l’instant de la moisson.
« Les torrents sillonnent les flancs des montagnes ...; au moindre« orage ils grossissent, ils grondent comme la foudre, roulent des ro-« chers et renversent tout; ils menacent les villes et villages, et cou-« vrent les environs de ruines et de débris.
«La plupart des montagnes étaient, il n’y a pas très-longtemps,« couvertes de belles forêts; aujourd’hui leurs sommets ne présentent
« qu’une nudité affligeante, que des rocs décharnés et stériles.
«Partout on a défriché sur le penchant des montagnes; des ravins