CHAPITRE X.
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«profonds les sillonnent; les torrents se précipitent avec fureur, ils« entraînent avec eux les terres végétales ; ils inondent et encombrent« les vallées ... L’âme est navrée du spectacle que présentent aujour-« d’hui les vallées des Hautes-Alpes. Le bois manquera bientôt pour la«consommation, et il n’y a, jusqu’à présent, aucun moyen d’y sup-« pléer.
« Dans le canton de Grave, on ne se chauffe qu’avec de la bouse« de vache séchée au soleil. »
Drôme.
1804. M. Colin , préfet :
« Les défrichements imprudents sur les montagnes destinées par« la nature à être couvertes en bois ont déterminé l’éboulement des« terrains en pente.
« Ces défrichements causent encore un mal plus considérable, parce« que, les montagnes étant entièrement dépouillées de la chevelure qui« entretient l’humidité, les sources fécondantes qu’elles produisent« se sont taries, et les eaux qu’elles auraient dû conserver, pour les« rendre avec économie dans les temps de sécheresse, se précipitent« en torrents dévastateurs.
« La sommité des montagnes ne peut donner que des pâturages, et« les parties moyennes, qui devaient être aménagées en bois, ne pré-« sentent plus en général que des crevasses, des périments et des her-« mes inutiles.
« Les terrains en pente doivent être évalués un tiers de la surface« du département.
« Il est urgent de rétablir cette belle et grande chevelure qui peut« seule rafraîchir l’atmosphère de la Drôme, faire renaître les sources,« rendre aux terres leur ancienne fertilité, et arrêter enfin ces tor-« rents destructeurs de tous les principes de végétation.
« Toutes les forêts ont été dévastées ; et ce qui reste n’est dû qu’à la« lassitude des bûcherons ou au défaut de bras pour les détruire.
«Une forêt, ou suite de bois contigus d’environ 20,000 arpents,« connue sous le nom de forêt de Marsanne, occupait le mamelon pro-« longé d’une montagne qui s’étend dans la direction du Rhône, à« un myriamètre de ce fleuve.
« Des hommes encore vivants y ont chassé à la bête féroce; aujour-« d’hui la presque totalité est détruite ; et ce terrain, qui ne présente« que des roches calcaires brisées, ne peut pas être cultivé.
« Enfin, on ne trouve plus que des landes où des habitants se rap-