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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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CHAI’ITIIE XI.

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siècles j et les bonnes méthodes d’observation étant récentes, on n’adonc pu réunir encore qu’un nombre trop peu considérable d’obser-vations exactes pour statuer avec précision sur les changements queles climats auraient éprouvés avec le temps.

A défaut d’observations directes, on a recours aux relations deshistoriens et des voyageurs, dont il ne faut user toutefois qu’avec unecertaine réserve.

Je suppose un voyageur parcourant un pays pendant une périodede mois et d’années à intempéries extraordinaires, il prendra sansaucun doute une idée exagérée de l’état climatérique du pays. Samanière de voir pourra, en outre, être influencée par son état mo-ral et sa constitution physique plus ou moins impressionnable, qui leporteront quelquefois à juger des éléments climatériques par compa-raison avec ceux d’un pays qu’il habite ordinairement. Il pourra sefaire que deux personnes visitant le même pays à deux époques dif-férentes ne portent pas le même jugement sur son climat. On ne sau-rait donc prendre trop de précautions dans le choix et la discussiondes documents historiques.

M. de Gasparin, dans un excellent rapport (i) fait à l’Académie dessciences au nom d’une commission chargée de lui rendre compte d’unouvrage de M. Fuster ayant pour titre : Climat de la France , a faità ce sujet des réflexions très-judicieuses qui trouvent naturellementleur place ici.

« On peut consulter avec avantage, dit M. de Gasparin, les observa-tions faites parles habitants d’un pays sur l'époque où commence lacongélation des rivières et celle où a lieu le dégel, selon qu’elle estavancée ou retardée, mais non sur celle qui est relative à la congéla-tion accidentelle dans un pays où elle n’a lieu que rarement, attenduque le phénomène ne dépend pas toujours d’un degré de froid exces-sif. « On a vu, ajoute-t-il, le Rhône, un des fleuves les plus rapides,« couvert d’une couche de glace assez épaisse pour porter des voitures« dans la partie inférieure de son cours, près de Roquemaure, et cela« dans des années qui n’étaient pas réputées les plus froides; tandis« que la glace ne pouvait pas supporter des voitures dans des hivers« signalés comme les plus rigoureux. » On explique comme il suitcette apparente contradiction : La congélation dépend de plusieurscauses, dont nous citerons quelques-unes : l°Si les eaux du fleuve,au moment de la gelée, sont les plus basses possibles, la rapidité est

(I) Comptes rendus, t. XVIII, p. 108.