Buch 
Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
Entstehung
Seite
347
JPEG-Download
 

COXSTAX'CE ET VARIABILITÉ DES CLIMATS. 547

au midi, au centre et au nord, et il a toujours dû exister des différencesentre les parties centrales et celles du littoral de l’Océan. En négli-geant cette distinction, on a dû faire confusion. Désirant n’atténuer enrien le véritable sens des citations sur lesquelles M. Fuster a basé sontravail, nous les rapporterons textuellement autant qu’il nous serapossible.

César dit (l) : « On divise la Gaule en trois parties : l’une est habi-« tée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux« qui, dans leur langage, s’appellent Celtes, et dans le nôtre Gaulois.« Ces Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges« par la Marne et la Seine... La partie habitée par les Gaulois coin-ce mence au Rhône, et elle est bornée par la Garonne, l’Océan et la« frontière des Belges... ; elle va jusqu’au Rhin. La Gaule aquitaine« s’étend de la Garonne aux Pyrénées et à cette partie de l’Espagne« qui borne les Pyrénées. »

« (2) Cependant César ne cessait de presser les Autunois de fournir le« blé qu^ils avaient si solennellement promis; car la Gaule celtique« étant au septentrion, et par conséquent dans un climat froid, la« moisson n’était pas encore faite. »

Tl n’y a pas ici d’équivoque : César considère bien la Gaule celtique,ou la partie centrale de la France, comme ayant un climat froid,comparé probablement à celui de l’Italie (3). «Quoique l’été fût« fort avancé, et que l’hiver commence de bonne heure dans les pays« bas, tels que la Gaule... »

« ( 4 ) Quoique les montagnes des Cévennes, qui séparent le Vivarais« de l’Auvergne, fussent couvertes de neige et que l’on fût dans la« saison la plus rude de l’année, cependant, à force de travail, les« soldats écartèrent la neige, qui était haute de six pieds, et lui ouvrj-« rent un chemin pour arriver chez les peuples de l’Auvergne. »

« (5) César, pour tant de travaux et de patience au cœur de l’hiver,« par des chemins très-difficiles, par des froids insupportables... César,« qui ne voulait pas exposer ses troupes aux rigueurs de la saison où« l’on était alors, alla camper dans Orléans... Les ennemis, accablés par« les rigueurs de la saison, effrayés, chassés de leurs chétives chaumiè-» res, ne sachant où se retirer en sûreté; et les forêts ne pouvant les« garantir des vents impétueux et glacés... » Si la civilisation n’eût paspénétré dans les Gaules, un semblable état de choses pourrait se re-présenter encore dans une guerre d’invasion.

(1) De Bell, rjall; lib. I, § 1. — (2) Ibid., lit). I, § IG. — (3) Ibid., lit). IV,§ 20 . _ (4) Tbid., lib. VII, S 8. — (5) Ibid., lib. vm, S 4, 5 .