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CHAPITRE XI.
logiques sont restées les mêmes, des cultures rivales, et le progrèsde la civilisation ont bien changé ses conditions économiques.
Quand on manquait de routes, et que les transports se faisaient àdos de mulet, on devait attacher un très-grand prix à la productionde l’huile, qui représente sous le même volume une valeur beau-coup plus grande que celle du vin.
La construction des'routes, le perfectionnement de la navigation ontchangé les rapports de la culture de l’olivier et de celle de la vigne ;mais le mûrier surtout a été le plus grand ennemi de l’olivier.
Les mûriers mieux cultivés ont produit plus de feuilles ; l’éducationdes vers à soie a été plus soignée et a donné de plus grands produits.La filature et le moulinage perfectionnés ont fourni de la soie d’unplus haut prix. Enfin, le développement du luxe l’a fait rechercher detoute part ; aussi, après chaque mortalité des oliviers, et ce siècleen a déjà présenté deux, de 18(9 à 1820, de 1829 à 1830, leurs pro-priétaires ont mis en délibération s’il n’était pas possible de substituerla vigne ou le mûrier à un arbre qui présentait tant de chances dedestruction par la gelée , et dont les rejetons n’entreraient en pro-duit que longtemps après les arbres qu’on pourrait leur substituer.Ces conditions ont souvent été fatales à l’olivier. Voilà la véritablecause de sa retraite vers la mer, et pourquoi les habitants du Midine perfectionnent pas sa culture quand tout se perfectionne autourde lui; aussi il finira par disparaître du sol de la France (l). Eu sui-vant la même marche, il serait facile de prouver que l’on pourraitcultiver l’oranger en pleine terre sans admettre une amélioration dansle climat.
§ IV.
Changements climatériques qui ont pu s’opérer, dans l’Amérique du Nord, parl’effet du déboisement.
On a cité, comme preuves à l’appui de l’influence exercée parle dé-boisement sur la température et les vents d’un pays, les observations deJefferson surlaVirginie, lesquelles sont consignées dans un ouvragetraduit en 1786 par l’abbé Morellet. Il résulte des observations faitesà Williamsburg et à Monticello, pendant neuf mois, que le vent sud-ouest est dominant dans ces deux localités; que le vent du nord-est est ensuite le plus fréquent vers la côte et le nord-ouest dans les
(x) De Gasparin, Comptes rendus de l’Académie des sciences , t. XV111, p. 1097.