CONSTANCE ET VARIABILITÉ DES CLIMATS. 357
montagnes. « La différence entre ces deux derniers vents, » dit Jeffer-son (j), « est fort grande, quant à leurs effets et à la sensation qu’ils« causent. Le nord-est est chargé de vapeurs, il apporte un froid incom-« mode; le nord-ouest est sec, frais, élastique, et donne de la vie et de« l’activité, tandis que l’autre est pesant et abat les esprits. Les brises« de l’est et du sud-ouest soufflent généralement dans l’après-midi,« elles paraissent pénétrer par degrés plus avant dans le pays. Nous« avons des personnes qui se souviennent d’un temps où elles ne pas-'< saientpas à Williamsburg ; elles sont maintenant fréquentes à Rich-« mond et se font sentir de temps en temps jusque dans les montagnes.« Elles déposent une grande partie de leur humidité avant d’arriver« jusque-là. A mesure que les terres seront défrichées, il est probable« qu’elles s’étendront plus loin dans l’ouest.
« fl paraît qu’il se fait un changement très-sensible dans notre cli-« mat ; les chaleurs, ainsi que les froids, sont moindres qu’autrefois,« au rapport de personnes qui ne sont pas encore fort âgées. Les neiges« sont moins fréquentes et moins abondantes; souvent elles ne res-« tent pas dans les vallées plus de deux ou trois jours, et très-rarement« une semaine ; et l’on se souvient de les avoir vues fréquentes, hautes« et durables. Les vieillards disent que la terre en était couverte trois« mois de l’année, et que les rivières, qui gèlent aujourd’hui fort ra-« rement, se prenaient ordinairement tous les hivers. Ce changement« même a produit une variation du chaud au froid, souvent funeste« aux fruits dans le printemps. »
Ces assertions sont de la nature de celles dont nous avons parlé etqui sont basées sur des témoignages contre lesquels il faut se mettre engarde. Elles ne peuvent servir du reste à montrer si la température achangé ou non.
M. de Humboldt, qui a réuni un grand nombre d’observationsthermométriques faites sur différents points de l’Amérique septentrio-nale, a cherché si la température moyenne avait éprouvé des change-ments depuis un certain nombre d’années : suivant lui, on peut par-tager les États-Unis, sous le rapport de la répartition de la chaleursolaire, en trois régions distinctes, ayant chacune un caractère calo-rifique propre (2) : 1° larégion des États atlantiques à l’est des montsAlleghanies ; 2° les États de l’ouest dans le vaste bassin du Mississipi,de l’Ohio, de l’Arkansas et du Missouri (trois de ses affluents), entre
(1) Observations sur la Virginie, page 9. — (2) Tableaux de la nature, t. l‘ r ,p. 150 ; traduction française, édition nidot. ■