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Des climats et de l'influence qu'exercent les sols boisés et non boisés / par M. Becquerel
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RÉSUMÉ. 559

« dans les États-Unis des séries d’observations thermométriques précises,« de 1771 à 1824, la moyenne de la température de Philadelphie ne«s’est élevée que de i°2' Réaumur, ce que l’on a attribué à l’agran-« dissement de cette ville, à l’accroissement de sa population et à ses« nombreuses machines à vapeur. Peut-être cette augmentation de la« moyenne annuelle n’est-elle qu’accidentelle , car je trouve dans la« même période une augmentation de 0°9' centigrades pour la tem-« pérature moyenne de l’hiver. Excepté l’hiver, toutes les contrées« froides étaient devenues un peu plus chaudes. Des observations faites« pendant trente-trois ans à Salem, dans le Massachusetts, ne montrent« aucun changement. A peine la moyenne de toutes les années y va-« rie-t-elle d’un degré Farenheit; à Salem, le froid de l’hiver, au lieu« d’avoir diminué par la destruction des forêts, a augmenté de 1°8'« Réaumur, dans un espace de trente-trois ans. »

On voit donc que l’opinion si souvent répétée, et qui ne repose suraucune donnée précise, savoir que, depuis lepiemier établissementdes Européens en Pensylvanie et en Virginie, le climat est devenuplus uniforme, plus doux en hiver, et plus frais en deçà et au delà desAlleghanies, par la destruction d’un grand nombre de forêts, est bienloin d’être adoptée aujourd’hui; néanmoins, on ne saurait disconve-nir, comme, du reste, M. de Humboldt le reconnaît lui-même, quele déboisement doit améliorer la température moyenne en faisant dis-paraître trois causes frigorifiques.

Il resterait à discuter les observations de Jefferson relatives aux effetsdes brises de l’est et du sud-ouest, qui peu à peu paraissent pénétrerplus avant dans le pays par l’effet du déboisement ; mais nous n’avonsaucun fait pouvant les confirmer ou les infirmer. Nous nous borne-rons à dire que, après les observatious de M. Hardy dans l’Algérie(p. 170 et suiv.), on ne saurait mettre en doute aujourd’hui le rôleque peuvent jouer les forêts comme abris ; mais ce que nous ignorons,c’est l’étendue de l’influence que peuvent exercer ces abris.

RESUME.

Les faits nombreux et variés exposés dans cet ouvrage montrent com-bien est complexe la question relative à l’influence du déboisement et