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leurs mains contre les grands bâtons ferrés qu’ils portent toujoursavec eux, sans quoi ces extrémités s’engourdissent et se gèlentsans qu’on s’en aperçoive. »
« C’est aussi, ajoute le même écrivain, dans la reqherche desmalheureux passagers qui ont été entraînés par les avalanches etensevelis dans les neiges, que brillent le zèle et l’activité des bonsreligieux. Lorsque les victimes de ces accidents ne sont pas en-foncées bien profondément, les chiens du couvent les découvrent;mais l’instinct et l’odorat de ces animaux ne peuvent pas pénétrerà une grande profondeur. Lors donc qu’il manque des gens queles chiens ne peuvent retrouver, les religieux vont avec de grandesperches sonder de place en place; l’espèce de résistance qu’é-prouve l’extrémité de leur perche leur fait connaître si c’est unrocher ou un corps humain qu’ils rencontrent; dans ce derniercas ils déblayent promptement la neige, et ils ont souvent la con-solation de sauver des hommes qui, sans eux, n’auraient jamaisrevu la lumière. Ceux qui se trouvent blessés ou mutilés par lagelée, ils les gardent chez eux et les soignent jusqu’à leur entièreguérison. »
Dans l’infirmerie du couvent j’ai vu, au mois de juillet, un deces pauvres passagers que les religieux avaient trouvé, en unematinée d’hiver, dans un état piteux : c’était un artisan piémon-tais qui, après avoir exercé dans une des imprimeries de Lyon sonmétier de compositeur, voulait retourner dans son pays natal etse réjouissait d’v porter ses économies. Je me suis assis près delui, et il m’a raconté en termes naïfs son histoire, et l’a mêmeécrite pour l’édification des voyageurs :
«C’était, m’a-t-il dit, au mois de février dernier; j’avais faitrapidement le trajet de Lyon à Genève , de Genève à Martigny , etun soir j’arrivai à pied à la Cantine, et le lendemain matin, aprèsavoir pris une bonne soupe de gruau, je m’apprêtais à partirquand la brave femme à qui appartenait cette petite auberge mefit observer que le ciel était bien noir et qu’il y avait un tourtm