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nul appui pour reposer nos pieds, pour attachernos mains ; à ses côtés étoient d’horribles pré-cipices , des rocs menaçans, coupés à pic,inaccessibles. Mes deux compagnons, frappés deterreur, s’arrêtent silencieux; moi-même, j’a-vois perdu la parole. Un d’eux, pâle et glacé,me déclare qu’il n’ira pas plus loin : le souvenirde sa femme, de ses enfans, elfrayoit son imagi-nation; s’il fait un pas de plus, il croit ne lesrevoir jamais. « Reposons-nous, leur dis-je,avant de prendre un parti ». Nous étions épuisésde fatigue, et couverts de sueur. Je réfléchis.Je ne pouvois me résoudre à renoncer au but,si près de l’atteindre. J’exhorte , j’encouragemes chasseurs. «Usine suivront, disent-ils, sinous pouvons surmonter cet obstacle»; ce qu’ilscroyoient impossible. Animé d’une nouvelleardeur, je m’arme d’un marteau pointu ; je faisdes trous dans le mur de glace, pour y poserle pied et accrocher mes rnains. Je m’élève,non sans effort, et j’arrive au sommet. Leschasseurs me regardoient, tout transis, trem-blons pour moi. Mais, me voyant en haut, ilss’encouragent, et montent à leur tour. La fati-rgue, l’impression de l’air nous avoient étourdis :notre tête étoit souffrante, et nous ne fûmessoulagés qu'après être parvenus au sommet. Il