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réfléchissoient de toutes parts. Une immobilitéimposante, un silence majestueux imprimoientdans mon aine des sentimens nouveaux , im-possibles à décrire. Le bruit des avalanches,répété par les échos, seul nous avertissoit de lamarche du temps : nous planions, pour ainsidire, au-dessus du monde. Les fleuvesnaissoientà nos pieds, dans ces lieux où la nature paroîtexpirante 5 et c’est là cependant qu’elle assembledes forces pour porter sur la terre la féconditéet la vie. Après m’être pénqtrp de cette vue, jeconsultai le baromètre ; il étuu à dix-sept poucesonze lignes, et le thermomètre de Réaumur à troisdegrés et demi au-dessous de la glace. D’aprèsmon calcul, j’établis la hauteur du Velan de dixmille trois cent quatre-vingt-onze pieds au-dessusdu niveau de la mer. Pendant tout le temps quej’y restai, je ne vis d’autre insecte qu’une guêpe,qui, épuisée de forces, périt sur la neige, et unpapillon qui, d’un vol rapide, franchit la ca-lotte du mont; et pendant quatre heures demarche, je n’aperçus sur ma route aucun vestigede végétation ».
Il est temps, ma chère tante, de reposer maplume et ma tête ; nous sommes bien avant dansla nuit. Déjà j’en tends la voix du coq qui chante;déjà le paisible fermier , sa femme, sa fille mo-