FÉODALITÉ MANliFACTUlUÉIU:. (il
belle rivière , dont on aperçoit la source d’uncôté du pont, tandis que l’embouchure dansle lac paraît de l’autre; tout son cours n'excé-dant guère cent cinquante toises. Il vaut lapeine de s’arrêter un moment pour la voir sor-tir pleine, forte et bouillonnante, du sein duJura et d’entre les pierres de son lit. Elle faitmouvoir un grand nombre de manufactures;cependant telle est l’extrême beauté du site,de ses rocliers , de ses arbres, de l’eau elle-même, que ces établissemeus anti-pittoresquesne peuvent, quoi qu’ils fassent, la détruire. Unchâteau crénelé et flanqué de tours, assis surson trône de rocliers , au milieu des forêts ,domine le paysage : serait-ce la résidence féo-dale du seigneur puissant qui commande ici àtout ce qui respire? En effet, c’est là que de-meure le maître manufacturier de calicots et deperkales, et tout un petit peuple de fileurs et detisserands vit sous ses lois. Ainsi, les temps nesont pas aussi changés qu’on le pourrait croire.
Nous ne manquons pas de jeter un coupd’œil en passant sur les jardins des nombreusesmaisons de campagne, qui se présentent.à laportée du chemin ; on y découvre la charmilleet le buis, les allées rectilignes et le jet d’eau,les terrasses ornées de pots à fleurs et de ber-gers et bergères en plomb ou en terre cuite;Pline, en personne, n’aurait pu mieux faire.