HUNINGEN.
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et qu’il sortait de l’hôpital : il se répandit eninvectives contre tout le monde, et surtout con-tre l’empereur d’Autriche . Le commandant de laplace (général Barbanègre, dont tout le mondeconnaît la belle défense ) ne fut pas plus épargnéque les autres: Nous avons été trahis, s’écriait-il,vendus. Notre voiturier qui avait, de son côté,lié conversation avec le beau sexe, le trouva en-core plus de mauvaise humeur, ce qui s’explique-rait assez parfinégalitédenombredes deux sexesdont on vient de parler. A moitié chemin, entreIluningue et Bâle , on voit les ruines d’un tom-beau portant l’inscription suivante : L'armée duRhin , sous les ordres du général Moreau , à sonretour d'Allemagne , à la mémoire du généralAhattucci, mort à la suite des blessures qu’ilreçut en défendant la tête du pont de Huningue !Qui a détruit ce tombeau? dis-je à un habitantde Bâle . C’est nous, répondit-il. Et pourquoitroubler la cendre des morts? Demandez , répli-qua-t-il, à ceux qui ont détruit l’ossuaire deMoratl Les deux cas n’étaient pas tout-à-faitsemblables, mais bien l’espritqui a présidé à cesdestructions.
En sortant de Bâle pour aller à Schaffhouse , /on rencontre, après deux heures et demie demarche au pas de voiturier, le village d’Augst ,sur le site de l’ancienne cité romaine AugustaRauracorum, fondée par Auguste, cinquante
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