112 ÉCONOMIE POLITIQUE.
cette épargne une influence sur la consomma'tion; c’est peut-être une erreur. Personne àprésent ne s’avise d'enfouir ses trésors commeautrefois, et le coffre-fort est devenu un meu-ble inutile. L’avare de nos jours est simple-ment un homme qui donne à d’autres le plaisirde dépenser ce qu’il épargne de son revenu,au lieu de le dépenser lui-même : il le leurprête à intérêt, il le leur paie à titre de salaire,il achète leurs propriétés , mais rien ne restedans ses mains; et s’il ne jouit pas lui-même,rien au moins n’est soustrait à la circulationou à la consommation.
Depuis l’année i&i5,1a somme énorme d’en-viron i3o millions sterling (plus que toute ladette française) a été ajoutée à la valeur cou-rante des fonds publics en Angleterre, par lahausse seule de leur prix de 56 à 76 ; il sem-blerait que cette augmentation représente lasomme des épargnes annuelles employées enachats de rente, qui ont produit la hausse ducapita] sans rien ajoutera l’intérêt. On en pour-rait conclure avec quelque apparence de raison,que la hausse en temps de paix, des propriétésà revenu fixe par le placement des fonds qui,en temps de guerre, servaient à salarier l’indus-trie de guerre, les absorbant en pure perte pourla consommation , puisque le revenu n’aug-mente pas, occasionne l’engorgement dont les