J l4 ÉCONOMIE POLITIQUE.
forcés de retrancher de leurs jouissances accou-tumées : de proche en proche les privationsdescendent jusqu'à la dernière classe déjà ré-duite à l’étroit nécessaire, et dont les besoinsréagissent finalement sur le propriétaire forcéde les secourir. En dernière analyse, le com-merce souffre, parce que la grande masse dupeuple consomme moins en raison de la réduc-tion de son salaire. Tel est à présent ( 1817)l’état des choses en Angleterre; en Suisse , lesrésultats sont plus affligeans encore; car lesmoyens physiques de subsistance y manquenttout-à-fait : dans son égalité de misère, cettepopulation d’artisans n’a aucunes ressourcesintérieures; et les riches des villes n’ont pasmême celle qu’offre ailleurs la réduction desimpôts de guerre , puisqu’ils n’en payaient pas.
L’Angleterre diffère de la Suisse et de pres-que tous les autres pays manufacturiers, enceci, qu’elle a su protéger son agriculture contreses manufactures, et maintenir les produits deson sol presque au niveau de ses besoins, aumoyen du monopole qu’elle a donné à l’agri-culture (1), lequel balance l’avantage des ma-chines employées dans les manufactures. Ainsi