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Nafels (i). Devant nous le lac de Wallenstadlfuyait en perspective entre deux rangs de hautesmontagnes. Un grand rideau de neige terminaitcette vue : ce sont les Alpes des Grisons .
L’extrémité inférieure du lac de Wallenstadt est rendue marécageuse par les inondations dela Linth, qui, encombrant son lit des pierresqu’elle charrie, en change fréquemment etobstrue l’embouchure du lac à tel point queson niveau s’est élevé de dix pieds en soixanteans. On fait ici dans ce moment le plus grandouvrage d’utilité publique qui ait jamais étéentrepris en Suisse sur le même principe quecelui de la Ramier dans le lac de Thun. (2)
Le bourg de Wesen, où nous sommes venusnous embarquer, est inondé par la grande cruedes eaux ; ses maisons sont barbouillées defange, et les habitans ont l’air désœuvrés, pau-vres et malades. Cet endroit a beaucoup souf-fert pendant la guerre de la révolution, ayantété pillé par les Français , les Russes et les Au-trichiens, qui, suivant les vicissitudes de laguerre, s’en emparaient alternativement pourla commodité du port, et ne laissèrent pas unmeuble aux habitans, ni une pièce de bétail.C’était un lieu considérable du temps des Ro-
(1) Chap. 16 , vol. II.
(2) Je reviendrai sur ces travaux, que j’ai visités depuis.