eût été aussi agréable qu’elle l’était peu, nousaurions été charmés de cette interruption. Leprince Eugène avait toujours de la musique àses dîners; et, dans les Mémoires qu’on luiattribue, il donne ses raisons pour cette cou-tume : Cela, dit-il, vous évite la peine de parler.
On montre le lieu où Lavater reçut dans lapoitrine le coup de feu dont il mourut après delongues souffrances ; ce fut le jour où Massénaentra à Zurich après la défaite des Russes , àquelques pas de la maison d’où il venait desortir pour tâcher de tirer des mains des soldatsun de ses amis qui en était maltraité. Massénafit faire des recherches probablement sincères,quoique infructueuses, pour découvrir le cou-pable qu’il n’aurait pas épargné, car le meurtred’un homme aussi généralement révéré lui sus-citait beaucoup d’ennemis. Le nom de Lavater est gravé sur sa tombe sans autre épitaphe.
Masséna acquit à Zurich la plus haute répu-tation militaire, qui ne fut ternie par aucunacte de rapacité, son devancier ayant mis letrésor public hors de toute atteinte dès l’annéeprécédente. Le général maintint la plus sévèrediscipline parmi ses troupes, et les Zuricoiséprouvèrent peu d’actes de violence indivi-duelle. En général, on se plaint en Suisse desautorités civiles et militaires françaises beau-coup plus que des soldats français . Une armée