210 l’abbé ltAYNAL. - LUCERNE .
Il y a trente-cinq à quarante ans que l'abbéRaynal, clans un accès de ce patriotisme théâ-tral, qu’il contribua à mettre à la mode enFrance , et auquel il déclara la guerre lorsqu'iln’était plus temps, fit ériger à ses frais , dansune petite île du golfe de Kussnacht , en l'hon-neur des patriotes de i3o8, un obélisque degranit de quarante pieds de haut, orné à sonsommet de la flèche et de la pomme; maiscomme c’était seulement du granité d'opéra, ilavait été nécessaire de le renforcer d’une barrede fer qui traversait l’obélisque dans sa lon-gueur, laquelle fut cause de sa destructionquelques années après par le tonnerre. L’abbéavait demandé aux magistrats d’Uri la permis-sion d’ériger ce monument au Grutli; mais ilss’en excusèrent sur ce que le souvenir de leursancêtres n’était pas en danger de se perdre.
Lucerne et ses fortifications du quatorzièmesiècle, dont on découvre du lac toute l’enceintecrénelée et flanquée de tours, présente un coupd'œil imposant. En mettant pied à terre , notreconducteur nous mena dans un magnifiquehôtel, dont la salle à manger a quatre-vingtspieds de long et quarante de large; elle est deplain-pied avec un jardin bien vert et om-bragé, et de beaucoup meilleur goût qu'àl’ordinaire. Ce qu’il y a de plus intéressant àLucerne est le célèbre relief du général Pfyffer