DÉCOUVERTE DE CIIAMOUNI. 3 I 5
tillon de l’armée impériale. Braves soldats, ai-mant leur métier, assez indifférens sur tout lereste, prêts à servir qui les traite bien , dontl’amitié est aussi aisément gagnée que perdue;mais qui, heureusement, rentrent sans peinedans les divers rangs de la société d’où ilsavaient été tirés , et avec lesquels ils conser-vaient en général des rapports.
Croirait-on que cette vallée de Chamounisoit restée à peu près inconnue, même de sesproches voisins les Genevois , jusqu’en 1741?Le célèbre voyageur Pocock et un autre Anglais ,M. Windham, en firent alors la découverte,consignée dans le mercure de Suisse de 1742.Ce fut en 1760 que M. de Saussure visita Cha-mouni pour la première fois; et son grand ou-vrage sur les Alpes , publié quinze ans après ,ainsi que la description des glaciers de Savoie ,par M. Bourrit, de Genève , rendit le pays si fa-meux qu’on y vit jusqu’à mille voyageurs dansle cours d’un été : leur nombre à présent est aumoins quatre fois plus grand. Les voyageursde 174^ avaient une escorte armée; ils campè-rent autour d’un feu, et placèrent des senti-nelles pendant la nuit! Le nom de Mont-Blanc ,tout pauvre qu’il est, n’a été imaginé que denos jours. La plus haute montagne de l’Eu-rope n’avait pas même de nom dans le dix-hui-tième siècle.