ÏJ 56 les méthodistes.
de prier que les méthodistes paraissent reconnaît
tre libre, puisqu’ils prennent tant de peine pour
« Seigneur Jesus-Christ, sans aucune considération de« leurs oeuvres; ils croient enfin que les élus sont faits« participants de la justice de Jésus-Christ par la seule foi;
« qu’ils sont illuminés dans la foi par la grâce secrète du« Saint-Esprit, dont Dieu favorise ceux que bon lui sem-« ble, et qu’ils reçoivent par la foi la grâce de vivre sain-« tement; la foi produisant nécessairement les bonnes« oeuvres; ce qui peut faire dire que la foi est avant les« oeuvres ; mais la foi sans les œuvres serait une contra-« diction , l’une produisant nécessairement les autres. » Ilsajoutent que cette croyance étant celle de l’ancienneÉglise de Genève , des luthériens comme des calvinistes,des épiscopaux comme des non-conformistes anglais , ilspourraient rétorquer sur leurs adversaires l’épithète deséparatistes;qu’au surplus il n’appartiendrait pas à la phi-losophie de leur reprocher la désespérante rigueur de leursprincipes, puisqu’elle-même avoue l’impossibilité où estla raison humaine de comprendre le libre arbitre, etpuisque la prédestination de Calvin est philosophiquenon moins que chrétienne . Ces questions spéculatives,ajoutent-ils encore , n’empêchent pas plus le chrétien quçle philosophe de recommander l’exercice des vertus, faisantabstraction des causes déterminantes que l’un et l’autresupposent en fait au-dedans de nous, et théoriquementau-dehors, quoique l’un les trouve dans ce monde et l’autrehors de ce monde. Toute la controverse méthodiste agitéede nos jours n’est au reste que la vieille dispute entre Pe-lage et saint Augustin, dont l’un faisait à la raison hu-maine la plus forte part dans l’œuvre de la conversion,l’autre à la grâce divine.