SES HOMMES DE LETTRES. 4 [ 3
soixante-dix auteurs dont les ouvrages viventet vivront long temps sur les rayons de la bi-bliothèque publique de leur ville; mais enfinc’est beaucoup sur une population de dix milleâmes, et l’on ne se flatterait pas d’avoir quatremille huit cents auteurs à Paris ; ce qui ne se-rait que la proportion (i). Mais un auteur pa-risien, qui passe ses soirées dans des salonsgrands ou petits, se multiplie', pour ainsi dire,tandis que l’auteur allemand se concentre ets’isole avec ses livres. Malléable comme l’or fin,l’esprit, à Taris, s’étend au laminoir de la con-versation, et couvre la société toute entièred’une dorure qui, bien que mince, n’en brillepas moins ; le savoir allemand n’est qu’un lingotbrut.
La révolution de 1 336, qui renversa la vieillearistocratie, ne fit que lui en substituer uneautre. Le démagogue Braun créa un gouverne-ment d’arts et métiers divisés en maîtrises (a),une aristocratie de la démocratie. Ces artisanssouverains, riches par privilège, voulurent queleurs fils cultivassent les lettres. On fut toujourssavant à Zurich , mais non poli; on y eut de