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institutions du pays. Les nouveaux législateursdemandent-ils l’avis de leurs amis de la capi-tale avant de se rendre au conseil ? le dernierorateur qui parle change leur résolution, et illeur arrive, même au moment de donner leurvoix, de se tromper de côté, et de voter autre-ment qu’ils ne voulaient. Leur influence estnulle; mais ils ont en général le bon esprit deregarder faire pour le présent. Ces hommessont de bons paysans, la plupart fort riches;les fortunes de cinq à six cent mille francs nesont point rares parmi eux (1); ils n’en sont pas,comme on voit, plus habiles; mais leurs fils leseront, ayant à présent un motif de s’instruire :en effet, on en voit commencer leurs études aucollège de Berne , pour aller ensuite les finirdans les universités d’Allemagne . D’un autrecôté, les anciennes familles patriciennes, rui-nées par l’invasion française, et privées desmoyens de rétablir leur fortune comme au-
(1) Dans l’Emmenthal, riche district du canton deBerne , le plus jeune des fils hérite des biens-fonds, et payeà ses frères et sœurs leur légitime en argent, qu’il em-prunte sur hypothèques. L’origine de cette coutume s’ex-plique ainsi : les propriétaires féodaux ayant autrefois leurrésidence principale dans la ville, par motif de sûreté ,leur fils aîné en héritait, et les terres passaient au cadet.Maintenant les propriétaires résident sur leurs biens , maisl’ordre de succession reste le même.