DENT-DE-JAMAÎÎ.
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rochers (le Meillerie et de Saint-Gingoupli, vude la hauteur où nous étions, s’élevait encorebeaucoup au-dessus de l’horizon, et n’avait ja-mais paru si formidable. Toute la chaîne demontagnes qui sépare le Valais de la Savoie semblait lui appartenir jusqu’au Mont-Blanc lui-même, dont la cime seulement se montraità droite ; du côté opposé, l’œil se perdait dansle vaste golfe du Valais , changé en bras de merpar l’effet du brouillard dont j’ai parlé. Lesglaciers qui lui servent de rempart montraient,par leurs belles teintes bleues, que les neigesde l’hiver ne les couvraient pas encore. De-vant nous une pelouse unie comme du velours,descendait en pente douce au midi, et cer-tains pelotons blancs, semblables à du coton,la traversaient, légèrement poussés par le vent.Nous atteignîmes bientôt en descendant cetterégion des nuages; quelques uns nous enve-loppèrent en passant, et ne nous parurent pasplus denses qu’un brouillard ordinaire, quoi-que de loin ils ressemblassent à des corps so-lides. Toujours descendant sur ce beau tapisvert, pendant deux heures, au milieu de nom-breux troupeaux, et toujours les merveilles dulac sous les yeux, nous sommes arrivés au vil-lage de Montreux , dont la situation est magni-fique. J’eus l’avantage d’y faire connaissance