couvent aussi placardé contre la montagne,sur une étroite corniche du rocher. Pour y par-venir, un sentier en zig zag paraissait avoir ététaillé dans le rocher, et l’on pouvait compter septchapelles ou reposoirs à distances égales le longde cette rampe singulière. Dans les Alpeson nesaurait dire ce qui est inaccessible ou ne l’estpas, tant les aparences sont trompeuses. Il y apeu de rochers si droits que le pied d’un agilemontagnard ne puisse y trouver un point d’ap-pui , et sa main quelque angle saillant, quelquebranche ou racine pendante pour s’en aider.Un tronc d’arbre entaillé, une échelle, lui ser-vent à franchir les pas les plus difficiles, et ilse fraye ainsi un chemin pour lui et les siens,jusqu'à son petit héritage dans les nues. Levillage d’Albinen , près des bains de Leuk ouLoëche , n’est accessible qu’au moyen de huitlongues échelles, sur d’affreux précipices et surdes pentes glissantes. Les habitans , hommes,femmes et enfans y grimpent jour et nuit, etSouvent avec des fardeaux, sans se douter quele chemin ne soit pas aussi bon qu’un autre.
Après avoir passé Sierra, j’aurais vu leGeramiet ses sommets glacés, de l’autre côté du Rhône ,si le ciel toujours couvert me l’eût permis. Uneimmense cataracte descendant, toute blanched’écume, des nuages qui en cachaient la moitié,tranchait avec le fond noir des forêts de sapins,