BRIEG.
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ticable aujourd’hui. Le mauvais temps, mêmeen voyage, est un malheur auquel je me sou-mets assez volontiers, car c’est un passeport deréclusion; on peut garder la maison en sûretéde conscience, et, bien que le temps ne vousempêchât pas de sortir si vous en aviez réelle-ment envie, vous n’ètes pas obligé d’en conve-nir, même avec vous-même; il vous suffit qu’engénéral l’empêchement soit jugé légitime, etce serait faire le fanfaron en pure perte que debraver sans nécessité ce que tout le mondecraint; ainsi, on reste chez soi en pantoufles eten bonnet de nuit, à mettre en ordre ses notes,à travailler, à ne voir personne, et les heurespassent délicieusement. L’excellente carte deRelier sous les yeux, je me suis mis à suivrecurieusement le fil de mes voyages en Suisse , etarrivé au chalet du Wengernalp, j’ai trouvé, aumoyen de l’échelle, qu’il n’y a pas sept lieuesen droite ligne de là à Brieg où me voici ; de sorteque du sommet de la Yung-Frau, précisémententre les deux endroits, on verrait d’un coupd’œil l’un et l’autre. Il y a seulement quelquescentaines d’années, comme je l’ai dit ailleurs,que l’on allait à la noce d'ici au Grindelwald .Du temps des Romains, Brieg était hors de leurempire, et la muraille qu’ils avaient élevée à tra-vers cette vallée, contre les Barbares du Haut-