576 GETir.VE,
Tous deux furent magistrats de la république.Bientôt après, lorsque la physique expéri-mentale et l’histoire naturelle prenaient unnouvel essor, et que la découverte d’un prin-cipe inconnu jusqu’alors réveillait l’attentionde toute l’Europe, Trembley, Jallabert , Bonnet,de Saussure , Deluc , etc. se distinguèrent parleurs expériences , parle zèle et la sagacité aveclesquels ils rassemblèrent des faits. Ni Trem-bley, ni Bonnet, ni Abauzit (1), ne furent au
(1) Le savant et modeste Abauzit , qui vécut jusqu’àl’âge de quatre-vingt-sept ans, avait dans sa jeunessevoyagé en Hollande et en Angleterre , et gagna l’amitié deBayle et de Newton. Ce dernier, en lui envoyant son Com-mercium epistolicum, lui écrivait : Vous êtes bien dignede juger entre Leibnitz et moi. En effet, il avait découvertune faute dans le livre des Principes mécaniques, queNewton corrigea dans la seconde édition ; il lit changerd’avis à Newton sur l’éclipse totale et centrale observéepar Thaïes l’an 585 avant Jésus-Christ , qui détermina lachronologie de ce temps-là. L’extrême simplicité et mo-destie d’Abauzit fit qu’il communiqua ses opinions et scsdécouvertes à ses amis plutôt qu’au public; il apprit beau-coup de choses à Rousseau sur la musique des anciens,quoique ce dernier en eût fait son étude particulière. Vol taire répondit à un étranger qui lui disait être venu à Ge nève pour voir un homme supérieur à tous les autres : Vousêtes donc venu voir Abauzit ! Il n’était pas né à Genève ,mais à Usez, en France , en 167g, d’une famille protes-tante : sa mère l’envoya à Genève à l’âge de dix ans pour