PROCÉDURES CRI AI J N ELLES. 6ü7
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justice, et tout-à-fait opposée à ce calme désin-téressé qui ne cherche que la vérité et ne désireque l’innocence. Lorsque je rentrai en France ,au mois de février t8 ï 5, après une absence devingt-six ans passés dans un pays où les insti-tutions judiciaires de l’Angleterre sont en usage ;étranger à tous les chaiigeniens opérés par larévolution, j’étais surtout curieux de voir com-ment la justice y était rendue ; et, apprenantà mon passage à Rouen que l’on jugeait deshommes accusés de meurtre ( trois bergers quiavaient tué leur camarade), je m’arrêtai un jourpour suivre ce procès. L’usage d’interroger lestémoins à part les uns des autres me parut êtrefort préférable à celui des États-Unis , où les dé-positions qui précèdent modifient, involontai-rement même,celles qui suivent; mais l’interro-gatoire des prévenus me causa beaucoup de sur-prise: le juge pressait l’un d’eux très vivement, etcelui-ci, ne sachant plus trop que dire, s’étriaimpatiemment : Puisque vous le voulez commeçâ , il faut bien que cela soit connue ça ! Est-ce
la nature et a son utilité. La surveillance constitution-nelle , si elle n’était une passion , ne serait rien ; elle nesaurait être une passion et n’être pas exagérée ; la vouloirraisonnable , c’est ne la vouloir pas ; d’où suit le paradoxetrès soutenable , que le meilleur gouvernement est celuidont on se plaint le plus.