C’est le plus effronté maintenant qui gagneson procès.
Le Salève est la promenade favorite des Ge-nevois; c’est leur montagne, non qu’elle leurappartienne, car elle est sur la Savoie , maisils n’en jouissent pas moins. Vue de la ville,son aspect est singulier plutôt que pittoresque:il présente une façade perpendiculaire de cinqcents toises de hauteur, composée d’assises deroche calcaire blanchâtre, parfaitement paral-lèles les unes des autres, et d’un effet trop ré-gulier ainsi que trop nu. Du côté des Alpes,elle forme, au contraire, une pente douce couvertede verdure et d’habitations. Une vaste échan-crure triangulaire marque le profil du sommet,et les couches qu’elle interrompt correspondentde chaque côté. Il semble qu’un grand coup demarteau du Tout-Puissant aurait écorné ce som-met jusqu’à mi-hauteur. Un autre accidenttrès remarquable se présente à la base du Sa-lève : ce sont les couches calcaires de la plaine,relevées et comme plaquées contre cette basejusqu’à une grande hauteur, et laissant dansquelques endroits des intervalles praticablesentre elles et la montagne, qui semble avoirpercé la terre comme une dent la gencive, fai-sant rebrousser quelques parties de l’enveloppeterrestre qu’elle déchirait. La pente qui fait faceaux Alpes est parsemée de blocs de granit sem-