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perruque à la Louis xiv , au milieu de laquelleson petit visage pâle, décharné et couvert derides profondes, semblait enseveli. La tableauprès de lui était couverte de papiers; et lesrideaux fermés 11’admettaient que peu de jour.Le philosophe, toussant creux et parlant d’unevoix cassée, reçut l’étranger fort poliment, fitses excuses de ce qu’il ne se levait point : ilétait malade, bien malade; illepriade s’asseoir,lui parla de ses voyages, se fit raconter sesaventures, débitant lui-même maints contesgrivois assaisonnés d’impiétés. Le magnat en-chanté, et beaucoup plus à son aise qu’il n’avaitosé espérer, jetant les yeux sur la table, de-manda quel ouvrage, quel chef-d'œuvre nou-veau il destinait au public. — Moins que rien ,dit Voltaire ; le faible enfant de ma vieillesse ,une tragédie. — Le sujet? le nom? — Ma tra-gédie s’appelle Empro-Giro; et le dramatisper-sonœ, c’est Carin-Caro , Depuis-Simon , CareuilGrifon (1), etc. etc. Puis il se mit à débiter forcetirades de vers tragiques. Et le magnat de s’ex-tasier. Voyant cependant ce docile admirateur
(1) J’achève pour les curieux la liste des noms : Piron-V abandon, tan , feuille meuille, tan, du ! ! Aucun Ge-nevois ne doutera, en la voyant, de l’authenticité de l’anec-dote.