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Tome I.
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GENEVE.

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à cet incident extraordinaire, Voltaire , se ren-versant dans son fauteuil, sécria : Ah! unedent! on lui arrache une dent! ah! ah! unedent! Il se tenait la mâchoire en sécriant : Ma­ dame Denis , je vais me trouver mal ; on lui ar-rache une dent! Donnez-moi le bras, je vous enprie, car je vais me trouver mal. Et se levant,il sen alla bien vite criant encore : Ah ! la dent!la dent! Lauteur stupéfait resta avec sa pièce,dont il ne put jamais lui achever la lecture.

Le poète vivait comme un prince, mais te-nait ses comptes comme un roturier , sachantjusquau dernier sou sa dépense : aussi trouvait-il le moyen non seulement de tenir fort bonnemaison, mais de donner généreusement. Il étaitfort aimé dans son voisinage. Un soir quil jouaitTancrède, et que la cour de Fernex se trouvaitpleine de voitures et de domestiques, son mal-heur voulut quun tonneau du meilleur Cham-bertin lui arrivât de Bourgogne ; on était tropoccupé pour le mettre en cave, et il resta quel-ques heures à la porte, mais il ny resta pasplein, les cochers layant mis en perce pendantque leurs maîtres sattendrissaient sur Amé-naïde (1). Comme les portes de la ville se fer-

(1) Si jétais législateur à Genève , je ne sais si je ne dé-fendrais pas les théâtres de société, malgré tout le regret