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Tome I.
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J. J. ROUSSEAU.

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cile; il fut obéi à linstant, les effets emportésfurent restitués , et lindividu , objet de la ven-geance populaire, déclara ensuite quil navaitrien perdu.

Rousseau, de son grenier, commandait àplus de volontés que Voltaire au milieu de sacour brillante, et les entraînait avec une toutautre puissance. Fondateur dune nouvelle reli-gion en politique, ses disciples devinrent lesenthousiastes de la révolution, et périrent pourelle; tandis que ceux de Voltaire périrent parelle, au moment ils en calculaient les chan-ces à leur profit, sans sapercevoir que lenthou-siasme eût été le meilleur calcul. Il faut dautresarmes que lironie pour maîtriser les passionsdes hommes : les héros et les martyrs ne se-fontpas à coups dépigrammes. Une intime per-suasion, a dit Rousseau quelque part, ma tou-jours tenu lieu déloquence l Je le crois bien ,cen est la première condition. Pour faire descroyans dans quelque dogme que ce soit, il fautcroire soi-même, et lon nen impose pas faci-lement à cet égard. La croyance de Rousseaunétait probablement quune sorte dentraîne-ment poétique qui ne durait quautant quelaccès ; mais cet entrainement nétait si puissantque parce quil était ainsi momentanément sin-cère dans le cœur de cet inspiré.