Band 
Tome I.
Seite
338
JPEG-Download
 

338

TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE II.

masse de biens pût actuellement trouver cinq cent mille francs d’écus prêtsà être comptés par un acquéreur ; nous ne prétendons dire autre chose,sinon que chacun des biens en particulier dont cette fortune se composeserait susceptible de s’échanger contre une certaine quantité d’écus, et queces différentes quantités d’écus réunies s’élèveraient à une somme de cinqcent mille francs.

De même, lorsqu’on dit qu’un pays, la France par exemple, a sept mil-liards de revenu, on ne prétend pas que la France recueille tous les ans septmilliards de francs : elle n’a jamais eu en sa possession une aussi fortesomme en numéraire. On veut dire seulement que chacun des produits quela France a créés pendant l’année était susceptible de s’échanger contreun certain nombre de francs; et que tous ces francs, réunis par une addi-tion, s’élèveraient à sept milliards.

CHAPITRE II.

Dos causes qui ouvrent de plus ou moins grands débouchés à nos produits;

Dans l’impossibilité où la division des travaux met les producteurs deconsommer au-delà d’une petite partie de leurs produits, ils sont forcés dechercher des consommateurs à qui ces produits puissent convenir. Il fautqu’ils trouvent ce qu’en termes de commerce on appelle des débouchés ,des moyens d’effectuer l’échange des produits qu’ils ont créés contre ceuxdont ils ontbcsoin. Il leur est important de connaître comment ces débou-chés leur sont ouverts.

Tout produit renferme en lui-même une utilité, une faculté de servir àla satisfaction d’un besoin. Il n’est un produit qu’en raison de la valeurqu’on lui a donnée ; et l’on n’a pu lui donner de la valeur qu’en lui don-nant de l’utilité ’. Si un produit ne coûtait rien, la demande qu’on en feraitserait, par conséquent, infinie; car personne ne négligerait une occasionde se procurer ce qui peut ou pourra servir à satisfaire ses désirs, lorsqu’ilsuffirait de le souhaiter pour le posséder. Si tous les produits quelconquesétaient dans le même cas, et que l’on pût les avoir tous pour rien, il naî-

• Voyez, au chap. III de la Impartie de cet ouvrage, l’extension qu’on est obligéde donner, en économie politique, au mot utilité, faute de mots pour exprimertous les genres d’utilité avec leurs nuances.