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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE III.

c’est-à-dire, de détruire des valeurs égales à une somme de 6 francs, loinde produire S francs, vous détruisez en réalité un franc.

Ce serait une singulière production, que celle dont le résultat seraitl’anéantissement successif de toutes les richesses. Au fait, on ne produitvéritablement que lorsque, tous les services productifs étant payés, leproduit vaut ses frais de production. Il faut pour cela que le besoin quela société en a la détermine à en élever le prix à ce point et il faut deplus que la société n’ait aucun autre moyen plus économique de se le pro-curer; ce qui nous ramène aux premières vérités exposéesdanscetouvrage.

Mais en même temps cela nous conduit à la nécessité de comparer deuxchoses qui paraissent n’êlre pas de même nature : je veux dire les frais deproduction avec la satisfaction qu’il résulte de l’usage qu’on peut faire d’unproduit. Comparer les frais avec une satisfaction ! Une pareille compa-raison semble n’êlre pas praticable ; cependant, s’il me fallait employertrois jours de travail, trois jours de marche, par exemple, pour me pro-curer un produit alimentaire qui ne pourrait me faire subsister qu’un jour,il me serait impossible d’être dédommagé, d’être remboursé par le pro-duit du montant de mon avance. Or, ces quantités peuvent être expri-mées en argent aussi bien qu’en nature. Les frais de production peuventconsister également dans le travail d’une journée ou dans le prix qu’onest obligé de payer pour ce travail ; et la satisfaction qu’on retire d’unproduit peut être, de son côté, appréciée en argent, qui n’est qu’un moyeude la comparer avec toutes les satisfactions que Ton peut se procurer pourla même somme. C’est celte appréciation, faite par la société elle-même,qui détermine le prix courant de chaque objet. On paie chaque objet lemoins qu’on peut ; mais on ne le paie plus du tout, du moment que son prixoriginaire, les frais de sa production, excèdent la satisfaction qui peutrésulter de sa consommation.

Nous voyons par là, messieurs, que les produits en général peuvent semultiplier et s’acheter les uns par les autres, jusqu’à un terme qu’on nesaurait assigner positivement, et qui dépend des circonstances locales dechaque pays ; que, passé ce terme, certains produits deviennent trop cherspour que l’utilité qui est en eux sufïise à indemniser leurs consommateurs

1 On sent que, pour être clair, je dégage ici la question de toute espèce de com-plication. On verra plus loin que la consommation ne cesse pas instantanément,mais diminue graduellement, à mesure que les produits sont les résultatsde fraisde production plus considérables.