DES BORNES DE LA PRODUCTION.
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du sacrifice qu’il laudraU faire pour se les procurer. Ils cessent dès lors depouvoir être produits, de pouvoir être vendus, et de pouvoir conséquem-ment offrir, par leur vente, des débouchés pour de nouveaux produits.
Maintenant, si nous voulons chercher quelles sont, dans chaque pays,les circonstances qui font que les produits, ou certains produits, y re-viennent trop cher pour que la satisfaction qu’on en peut recueillir égaleleurs frais de production, nous trouverons que cet effet tient à quatrecauses, et que les débouchés sont d’autant plus faciles que l’on réussitmieux à se soustraire à leur influence.
1° Ou la civilisation est trop retardée pour que les hommes éprouventles besoins que les produits sont capables de satisfaire ;
2° Ou l’art de produire est trop peu avancé pour que l’on produise àpeu de frais;
3° Ou les vices de l’administration publique multiplient trop les fraisde production ;
4° Ou enfin, l’excès de la population ayant épuisé toutes les denréesqu’on peut se procurer à un prix modéré, la société ne peut s’en procurerdavantage que par des frais qui en rendent les prix inaccessibles.
Peu d’explications suffiront pour faire sentir l’effet résultant de cesquatre circonstances.
Et d’abord, la chose dont on n’éprouve pas le besoin ne vaut jamais leprix qu’elle coûte. Aussi, quand les Européens abordent quelque plagenouvelle, avant qu’il puisse s’établir des relations utiles entre eux et lesnaturels, il faut que l’on fasse présent à ceux-ci des ustensiles dont onveut leur faire comprendre l’usage. Mais du moment qu’ils ont appris leservice que l’on peut tirer de nos clous, de nos haches, de notre poudre àtirer, ils ont soin de préparer des provisions pour nos vaisseaux, du maïs,des cochons, de la volaille ; et ils remboursent ainsi les frais de productiond,es objets qu’on leur porte. Dès ce moment, ces peuples offrent quelquesdébouchés pour nos produits, et nous leur en offrons pour les leurs.
On rencontre, au sein de certaines nations civilisées, des classes quiressemblent, à quelques égards, aux peuplades de la mer du Sud. 11 y abeaucoup de nos provinces dans lesquelles, sans remonter plus haut qu’unsiècle, on ne sentait pas le besoin de se servir de fourchettes pour manger.Du moment que ce besoin leur est venu, il a fallu qu’elles fissent quelquesefforts pour produire des choses dont la valeur pût acheter des fourchettes,el successivement d’autres objets ; et ces mêmes classes offrent maintenant